Javier Solana entame sa première visite auprès de l’Eufor Tchad-Centrafrique – Afp

Le diplomate en chef de l’Union européenne (UE) Javier Solana a entamé mardi à Bangui sa première visite auprès de la force européenne en cours de déploiement dans le nord-est de la Centrafrique et l’est du Tchad, où elle doit notamment protéger les réfugiés soudanais du Darfour.

Le haut représentant de l’UE pour la politique de sécurité commune n’a effectué qu’une brève halte dans la capitale centrafricaine, où il a rencontré dans l’après-midi le président François Bozizé.

Devant la presse, il s’est borné à assurer que les Européens étaient « très engagés auprès de la République centrafricaine (…) dans tous les domaines », et « d’abord dans le domaine sécuritaire (…) à travers la force de l’UE ».

Il a également abordé les dossiers intérieurs, appelant les autorités centrafricaines à organiser « le plus rapidement possible » le « dialogue politique inclusif » en cours de préparation avec l’opposition non armée, la société civile et les rebelles, afin de ramener la paix sur tout le territoire.

Le diplomate est ensuite reparti pour N’Djamena, où il devait s’entretenir dans la soirée avec le chef de l’Etat tchadien Idriss Deby Itno.
Mercredi, il visitera dans la capitale tchadienne le Camp Europa, quartier général logistique de la force européenne, avant d’aller dans l’est du Tchad, à Abéché, où est installé le poste de commandement de l’Eufor et où il doit également rencontrer des représentants du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) et des ONG.

Enfin, le diplomate espagnol ira à Goz Beïda, dans le sud-est du Tchad, où le bataillon irlandais de l’Eufor est en cours d’installation, pour y observer le travail des troupes sur le terrain et visiter des camps de réfugiés soudanais du Darfour voisin en proie à une guerre civile depuis cinq ans.

Cette région a une fois de plus fait la preuve de son instabilité jeudi. Un Français travaillant pour l’association humanitaire Save the Children, Pascal Marlinge y a été tué par des hommes armés alors qu’il se trouvait dans un convoi. L’Eufor, justement chargée de protéger les humanitaires, a attribué cet acte à des « coupeurs de route ».

La force européenne avait perdu un élément début mars au cours d’un accrochage avec l’armée soudanaise. Le sous-officier français avait traversé la frontière tchado-soudanaise, par inadvertance selon Paris.

Après plusieurs mois de retard, dus aux laborieuses négociations parmi les Vingt-Sept puis à l’attaque ratée des rebelles tchadiens qui, les 2 et 3 février, ont failli renverser Idriss Deby à N’Djamena, le déploiement de l’Eufor Tchad-RCA a atteint son rythme de croisière.

La force a entamé à la mi-mars le mandat d’un an que lui a confié l’ONU pour sécuriser ces zones afin de faciliter le travail des humanitaires et protéger les réfugiés du Darfour et les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes au total.

Selon la porte-parole de Javier Solana, « l’Eufor devrait être pleinement opérationnelle comme prévu dans les prochaines semaines, avant le début de la saison des pluies » qui, dès le mois de juin, complique la circulation dans la région – tout en calmant les ardeurs des rebelles basés dans cette région.

A ce jour, sur les 3.700 hommes qu’elle doit compter à terme, dont 2.100 Français, l’opération dispose sur le terrain de 2.379 éléments. La France, architecte et ossature de la force, a déjà fourni 1.406 hommes, l’Irlande 221 et la Suède 211.


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