Tchad: Solana rencontre des ONG après l’assassinat d’un humanitaire – Afp

Des représentants d’ONG à Abéché, principale ville de l’est du Tchad, ont accueilli mercredi Javier Solana, le diplomate en chef de l’Union européenne (UE), avec des brassards noirs après la mort de l’humanitaire français Pascal Marlinge tué jeudi dans cette région.

Le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki et Javier Solana se sont entretenus dans les locaux du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) avec une trentaine d’humanitaires qui les ont « harcelés de questions sur leur sécurité », selon un participant.

Le diplomate européen les a remerciés pour leur « générosité », et Moussa Faki a réitéré que le gouvernement tchadien ferait tout pour retrouver les auteurs du meurtre.

Pascal Marlinge, 49 ans, a été tué jeudi « par un groupe d’hommes armés » alors qu’il « se trouvait dans un convoi de trois voitures », selon l’ONG Save the Children pour laquelle il travaillait.

Le convoi reliait Farchana à Adré, dans l’extrême est du Tchad, près de la frontière soudanaise, dans un secteur très instable, voisin du Darfour en guerre civile et où sont installés des camps de réfugiés soudanais.

« Nous voulions montrer à M. Solana notre deuil », a déclaré à l’AFP le chef de mission de l’ONG Acted, Benoît Piot, à l’issue de la réunion.

« Depuis le mois de janvier, trois humanitaires sont morts, deux gendarmes (tchadiens) des camps de réfugiés aussi », a-t-il ajouté. « Il faut régler le problème de la sécurité, on sait qu’on ne peut pas trouver une solution du jour au lendemain, mais il faut trouver une solution ».

Les organisations internationales travaillant au Tchad sont régulièrement victimes de « coupeurs de routes », des bandits qui cherchent la plupart du temps à s’emparer de leurs véhicules tout-terrain.

Les agences onusiennes et les ONG avaient suspendu vendredi et samedi leurs « activités humanitaires » au Tchad afin « de protester contre la détérioration de la sécurité » dans l’est du pays après cet assassinat.

La force que l’UE est en train de déployer dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine (Eufor Tchad-RCA) doit justement sécuriser ces zones afin de faciliter le travail des humanitaires, et protéger les réfugiés soudanais ainsi que les déplacés internes tchadiens et centrafricains.

« Je ne suis pas spécialiste, mais il faut arrêter les actions des groupes armés, peut-être avec plus de patrouilles, ou plus de présence, ou plus de moyens (de l’Eufor et des gendarmes tchadiens) », a estimé Benoît Piot.

Pendant la réunion, les ONG se sont toutefois divisées sur l’opportunité d’avoir des escortes lors de chaque convoi.

Javier Solana s’est rendu mardi à Bangui et à N’Djamena pour sa première visite auprès de l’Eufor.


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