Le Soudan arrête le chef de l’opposition islamiste – Reuters

Le Soudan a arrêté le chef de l’opposition islamiste Hassan al Tourabi et au moins quatre autres membres de son parti après une attaque contre Khartoum par des rebelles du Darfour auxquels il fut lié par le passé, font savoir des membres de son entourage.

« Les forces de sécurité sont venues tôt ce matin (lundi) et ont arrêté Tourabi », a déclaré Awad Babiker, secrétaire privé de Tourabi, à Reuters.

Khalil Ibrahim et d’autres dirigeants du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), groupe rebelle du Darfour qui a attaqué ce week-end un faubourg de Khartoum, ont soutenu Tourabi par le passé. Tourabi nie pour sa part tout soutien au JEM.

C’est la première fois que des combats atteignent la capitale depuis des décennies de conflit entre le gouvernement central, à dominante arabe, et les rebelles implantés dans les régions périphériques.

Un dirigeant du JEM a affirmé que l’attaque, lancée samedi, visait à s’emparer du pouvoir soudanais. Les rebelles ont avancé de quelque 600 km à travers le désert pour atteindre la banlieue d’Omdurman, dans l’ouest de Khartoum, où les dirigeants soudanais indiquent que les derniers combattants ont fui les lieux dimanche soir.

On estime à 65 le nombre de tués dans les combats.

LIENS ROMPUS AVEC LE TCHAD

Khalil Ibrahim a assuré lundi qu’il lancerait de nouvelles attaques contre la capitale soudanaise, et ce jusqu’à la chute du gouvernement.

« Ce n’est que le début d’un processus qui s’achèvera avec la disparition de ce régime », a déclaré Ibrahim à Reuters. « Ne vous attendez pas à juste une attaque supplémentaire, ce n’est que le début. »

Le fils de Tourabi a déclaré que les forces de sécurité avaient arrêté son père à son domicile, une heure environ après son retour d’une conférence de son Parti du Congrès populaire, dans l’Etat voisin de Sennar.

« Ils veulent accuser le parti de ce qui s’est passé », a déclaré Siddig al Tourabi.

Le Soudan a rompu dimanche ses liens diplomatiques avec le Tchad, dont il accuse le président Idriss Déby de soutenir les rebelles ayant attaqué Khartoum.

Tourabi a joué le rôle d’idéologue pour le président Omar Hassan al Bachir jusqu’à ce que leur collaboration cède la place à une lutte de pouvoir en 1999-2000.

Depuis, Tourabi a passé beaucoup de temps en prison mais il a été libéré en même temps que tous les autres prisonniers politiques dans le cadre d’un accord de paix Nord-Sud conclu en 2005.

Un couvre-feu a été imposé à Omdurman, où les soldats cherchent d’éventuels rebelles. Des points de contrôles ont été dressés à chaque carrefour et des chars bordent les rues sillonnées de camionnettes transportant des soldats.

Le Tchad s’est dit surpris de la « décision hâtive » du Soudan, et a souhaité une restauration rapide des relations diplomatiques.

Opheera McDoom, version française Natacha Crnjanski et Gregory Schwartz


Commentaires sur facebook