Crise Soudan/Tchad : Pour l’application des accords de Dakar – Le Soleil

Le Soudan a demandé aux garants de l’accord de Dakar de mettre la pression sur Ndjamena. Son Ambassadeur au Sénégal a accusé le Tchad d’avoir violé ces clauses en soutenant l’attaque perpétrée samedi dernier par des rebelles du Jem contre Khartoum.

L’ambassade du Soudan au Sénégal a invité hier les garants de l’accord signé à Dakar entre les présidents soudanais et tchadien, Omar el-Béchir et Idriss Deby Itno, à mettre la pression sur les autorités de Ndjamena afin de les pousser à les respecter. Selon Hussein Bakar, le Soudan est toujours ouvert au dialogue. « Si nous n’étions pas pour la paix, nous n’aurions pas signé ces accords. C’est le régime tchadien qui n’a pas respecté les accords », a dit l’ambassadeur qui a salué les clauses de Dakar qui ont été signées en marge du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci) en mars 2008, en présence du Secrétaire général de l’Onu, Ban-Ki moon, du président Abdoulaye Wade du Sénégal et de certains de ses pairs.

Hussein Bakar, qui animait un point de presse essentiellement axé sur la crise du Darfour, est revenu sur l’attaque lancée samedi dernier par les rebelles du Mouvement justice et égalité (Jem) contre Khartoum, accusant Ndjamena d’avoir armé et soutenu les assaillants. « Les informations disponibles confirment l’implication de l’Etat du Tchad, notamment dans la fourniture des moyens logistiques et techniques ayant permis aux rebelles du Jem d’arriver aux portes de Khartoum », a dit l’ambassadeur qui s’est réjoui du professionnalisme des forces de sécurité soudanaises qui ont pu faire face, infligeant aux rebelles de lourdes pertes en vies humaines et en matériels ».

L’Ambassadeur a également accusé, sans les citer, des pays occidentaux de vouloir déstabiliser le Soudan. « Il y a une forte ingérence étrangère. Il y a des grandes puissances qui ont leur agenda au Soudan », s’est-il désolé, ajoutant que « le gouvernement de (son) pays s’évertue au retour des réfugiés, mais le processus est bloqué par les rebelles ». Il a également accusé les médias occidentaux de « donner au conflit une allure qu’il n’a pas ». Selon lui, la situation au Darfour n’est pas aussi mauvaise que les médias le présentent. Enfin, a-t-il appelé les pays africains à œuvrer pour des rapports de bon voisinage du fait de l’interconnexion entre les populations, comme c’est le cas entre le Soudan et le Tchad. Les deux pays ont une frontière longue de plus 1600 kilomètres.


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