Affaire Habré – Préparatifs pour la tenue du procès : Le haut magistrat Ibrahima Guèye nommé coordonnateur – Le Quotidien

Les préparatifs pour la tenue du procès de l’ancien Président du Tchad, Hissène Habré, se déroulent sous de bons auspices. Le ministre de la Justice a présenté, hier, un bilan à mi-parcours où il a pris des décisions importantes.

Ibrahima Guèye, un haut magistrat, président de chambre à la Cour de cassation, est nommé coordonnateur. De même un comité d’experts en communication est mis en place, afin de faciliter le déroulement du procès.

«Nous avons pris une option sérieuse d’aller vers le procès. Je le précise et je le maintiens, ce procès va se dérouler dans des conditions qui nous permettrons d’organiser un procès juste et équitable.» C’est en ces termes que le ministre de la Justice, Me Madické Niang, a rassuré, hier, l’Union européenne, la communauté internationale et les Ong, lors de la présentation du bilan d’étape de la préparation du procès de Hissène Habré. Après le mandat qui a été donné au Sénégal par l’Union africaine de faire juger Hissène Habré par la Justice sénégalaise, des dispositions sont prises. C’est ainsi que le gouvernement du Sénégal s’est investi dans ce sens, en levant tous les obstacles qui pouvaient empêcher le déroulement de ce procès. En fait, ces obstacles, qui étaient d’ordre juridiques, demandaient, selon le ministre, de «recueillir dans notre législation interne des dispositions qui existent dans le droit international, notamment dans la Convention contre la torture». «Ce qui a été fait, en 2007, avec la modification du Code de procédure pénale pour consacrer l’imprescriptibilité des crimes de génocides, des crimes de guerre contre l’humanité», annonce le ministre de la Justice.

La dernière étape qui restait à franchir est la modification de la Constitution sénégalaise. La résolution de ces principes ne signifiait pas que Habré pouvait être jugé. Car, d’après Madické Niang, «les avocats de l’ancien président du Tchad pourraient opposer au magistrat le principe de la non rétroactivité des lois consacrées par la Constitution du Sénégal».

Aujourd’hui, pour réussir ce pari de la tenue du procès de l’ancien chef de l’Etat du Tchad, d’importantes mesures sont prises. Il s’agit de la nomination de Ibrahima Guèye, un haut magistrat, président de chambre à la Cour de cassation, comme coordonnateur, et qui aura pour tâche de piloter tout ce qui concerne l’organisation du procès. Il y a aussi la mise en plus d’un comité de suivi et d’organisation qui est constitué d’éminents experts en communication qui auront pour mission d’appuyer le coordonnateur, afin que le procès se déroule dans les meilleurs délais.

Sur le plan financier, l’Etat du Sénégal a mis la main à la poche en mettant en place une enveloppe d’un milliard de francs Cfa, qui va servir à couvrir toutes les dépenses qui sont faites pour le moment. Un appel est lancé à la Communauté internationale dans ce sens, en vue de permettre le démarrage très tôt du procès.

Il est aussi demandé aux experts de l’Union européenne de préparer le procès, en permettant au procureur de se rendre en Belgique, tout comme au Tchad pour recueillir des informations qui permettront d’étoffer leur réquisitoire pour une meilleure tenue du procès. Toujours au chapitre des mesures qui sont prises, M. Niang a promis de désigner, d’ici le 7 juin au plus tard, les juges d’instruction qui seront chargés de ce procès.

Face à ces décisions, ce qui reste à faire, souligne Madické Niang, c’est de trouver le nerf de la guerre. A ce sujet, le Sénégal est prêt à apporter sa contribution, mais ne dispose pas de moyens pour couvrir tout le procès. Ainsi, un appel est lancé à la Communauté internationale pour un accompagnement.

Le ministre de la Justice a aussi lancé un avertissement à l’endroit de tout pays qui tenterait d’entraver la tenue de ce procès. Pour lui, c’est un procès de l’Afrique et celui qui sera amené à le dissuader sera mis «au ban de la communauté internationale».


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