Atterrissage forcé d’un hélicoptère tchadien après des combats – Afp

Un hélicoptère de l’armée tchadienne a dû effectuer jeudi un atterrissage forcé près de l’aéroport d’Abéché (est) après des combats avec les rebelles tchadiens de l’Alliance Nationale qui annoncent « une marche imminente sur N’Djamena », a appris l’AFP de sources concordantes.

L’hélicoptère a opéré un « atterrissage dur et forcé à 500 m au nord-ouest du camp des Etoiles de l’Eufor (la force européenne déployée au Tchad pour protéger les populations et réfugiés du Darfour) situé en bordure de l’aéroport vers 09H05 » (08H05 GMT), a appris l’AFP auprès d’une source locale.

L’incident n’a fait aucune victime, a-t-on assuré de même source.

Trois hélicoptères de l’armée tchadienne – deux d’attaque MI-35 et un MI-17 également armé – basés à Abéché, la grande ville de l’est tchadien, ont décollé vers 07h00 (06H00 GMT) et bombardé des positions rebelles dans la zone de Moudeina et Adé, à la frontière soudanaise, a-t-on indiqué de même source.

Joint depuis Libreville, un porte-parole des rebelles de l’Alliance nationale Ali Gueddei a affirmé que les rebelles « ont abattu un hélicoptère » lors de ces combats et annoncé que « la marche sur N’Djamena est imminente ».

L’Alliance nationale a appelé à la désertion des soldats de l’armée régulière tchadienne: « C’est le moment ou jamais pour les patriotes contraints de se maintenir dans la soldatesque de Deby (Idriss Deby Itno, le président tchadien) de rallier en masse les rangs de nos vaillants combattants ».

Selon ce porte-parole, de violents combats ont eu lieu à « Kokou Ngarana, plus particulièrement à Aradid Sabaa. L’aviation (tchadienne) a été mise à contribution, ce qui n’a pas empêché nos vaillantes forces de mettre en déroute l’ennemi après lui avoir infligé des lourdes pertes ».

Il a également mis en garde la France dont il a affirmé que les « avions » ont effectué des « vols intimidants et provocants au-dessus de nos forces ». « C’est l’occasion de rappeler à la France qu’elle doit observer une égale distance entre les belligérants. Elle ne peut pas continuer à soutenir un régime aux abois », a ajouté Ali Gueddei.

Un autre porte-parole de la rébellion tchadienne Abderaman Koulamallah a demandé à la « France d’être une puissance médiatrice pour garantir un véritable accord entre toutes les parties tchadiennes (rebelles et partis politiques) et aboutir à la paix dans le pays ».

« Nous renouvelons cet appel à la France pour éviter un nouveau raid (sur N’Djamena), qui nous ferait prendre le pouvoir par les armes », a-t-il précisé.

Début février, ces rebelles partis de leurs bases arrière au Darfour (ouest du Soudan), avaient mené une offensive jusqu’à la capitale et failli renverser le président tchadien avant d’être repoussés. Début avril des combats avaient encore opposé l’armée tchadienne et la rébellion dans l’est du pays.

Selon des sources militaires européennes, l’armée tchadienne s’est « beaucoup renforcée » depuis février « non loin de la frontière Est ».

L’armée tchadienne dispose en tout de six hélicoptères, pilotés par des Algériens et Ukrainiens. Trois avaient été dépêchés et stationnés à Abéché début avril après d’autres accrochages avec les rebelles, les trois autres appareils restant probablement à N’Djamena.

La France est présente au Tchad depuis 1986 dans le cadre de l’opération « Epervier » avec des moyens terrestres et aériens et fournit le gros des troupes de l’Eufor.


Commentaires sur facebook