Mais à quoi servent les services secrets français au Tchad ? – Bakchich

Le général français Jean-Philippe Ganascia, patron au Tchad de la force européenne de l’Eufor, dispose de services de renseignement bien aveugles. Le 2 juin dernier, dans les salons climatisés de l’Hotel Méridien-Chari, à N’Djamena, il annonçait devant les journalistes sur un ton péremptoire : « Actuellement, nous n’avons aucune information qui puisse nous laisser penser raisonnablement qu’il puisse y avoir un raid rebelle comparable à celui de février ni même à celui qui s’est produit le 1er avril (…). Selon moi, il n’y a pas d’attaque imminente et on peut s’interroger sur le potentiel militaire résiduel de ces groupes ».

Mais ce jeudi 12, on apprend que les rebelles tchadiens sont repassés à l’attaque dans le Dar Sila, dans l’est tchadien. En guise de hors d’œuvre, ils ont même touché un gros hélicoptère d’attaque russe de l’armée du dictateur Idriss Déby, qui a atterri d’urgence près du camp de l’Eufor, à Abéché. Avant de nouveaux combats qui ne s’annoncent pas comme une partir de plaisir, l’un des porte-parole de la rébellion tchadienne a lancé un ultime appel à la France. Il lui demande « d’être une puissance médiatrice pour garantir un véritable accord entre toutes les parties et aboutir à la paix dans le pays ».

Silence radio, au quai d’Orsay et à l’Elysée. Notre vibrionnant ministre Bernard Kouchner sillonne le monde – du Liban à la Palestine ou la Colombie – pour jouer les bons offices. Mais soucieux de ne pas froisser son vieil ami Déby, il se refuse, jusqu’à présent, à tendre la main à l’opposition tchadienne. Et à engager un processus de paix au Tchad, où l’armée française est quand même en première ligne.


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