Tchad: Les rebelles affirment "rouler" vers N’Djamena qui dément – Afp

Les rebelles du Tchad, qui ont lancé une offensive mercredi dans l’est, affirment vendredi avoir largement pénétré dans le pays et « rouler » vers N’Djamena où les autorités démentent, parlant d’une « campagne d’intoxication dénuée de tout fondement« .

« C’est une campagne d’intoxication de la rébellion. C’est dénué de tout fondement« , a démenti une source officielle tchadienne de haut rang.

Des sources militaires françaises n’ont pas repéré de mouvements importants. Une source a ironisé auprès de l’AFP: « les rebelles sont surtout dans les medias« . La France dispose de 1.200 hommes et de moyens aériens dans le cadre de la mission Epervier et fournit en outre le gros des troupes de l’Eufor, la force européenne déployée dans l’est.

« Nous sommes en train d’avancer. Nous avons dépassé Goz Beida (est, 700 km de N’Djamena), a affirmé Ali Gueddei, porte-parole de l’Alliance nationale qui regroupe plusieurs factions rebelles, joint par téléphone depuis Libreville.

« Il n’y a pas d’accrochage et les survols d’hélicoptères (tchadiens) se sont réduits après que nous ayons abattu un hélicoptère. Lentement mais sûrement nous roulons sur N’Djamena. Notre objectif est N’Djamena. Ce n’est un secret pour personne« ,a-t-il conclu.

En février, lors d’une offensive similaire, l’Alliance Nationale avait atteint la capitale tchadienne, encerclant le palais du président Idriss Deby Itno, avant d’être repoussée.

Abderaman Koulamallah, un autre porte-parole de l’Alliance, a affirmé que les rebelles disposaient de « 500 à 600 véhicules représentant 7.000 à 8.000 hommes« , soit près du double que lors de l’offensive de février.

La rébellion avait annoncé jeudi « une marche imminente » sur N’Djamena et qu’elle avait « abattu un hélicoptère » lors de combats avec l’armée régulière dans le Dar Sila, dans l’est du pays.

L’état-major tchadien avait démenti en indiquant que cet hélicoptère effectuait « un vol d’entraînement » avant de procéder à « un atterrissage forcé à Abéché (la grande ville de l’est) suite à des problèmes de moteur« . L’accident n’avait pas fait de victime.

« Des mercenaires à la solde du Soudan sont entrés hier dans la région du Dar Sila. L’armée tchadienne a pris toutes les dispositions pour enrayer cette énième agression« , avait affirmé jeudi soir le gouvernement dans un communiqué.

« Cette nouvelle incursion confirme une fois de plus que le Soudan viole ses engagements« , avait ajouté le communiqué qui accuse le Soudan de manipuler les rebelles.

Début avril, des combats dans l’est du Tchad avaient tourné au large avantage de l’armée.

Selon des sources militaires européennes, l’armée tchadienne s’est « beaucoup renforcée » depuis février « non loin de la frontière Est« .

Le Tchad et le Soudan s’accusent régulièrement de soutenir les rébellions en lutte contre leur régime respectif. Ils ont rompu à la mi-mai leur relations diplomatiques après une attaque menée près de Khartoum par un groupe rebelle soudanais du Darfour, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM). N’Djamena avait nié « toute implication« .

Les deux pays entretiennent depuis cinq ans des relations très tendues et tumultueuses


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