Tchad: les rebelles menacent de s’en prendre aux avions français – Afp

Les rebelles du Tchad, qui ont lancé une offensive mercredi dans l’est, ont demandé vendredi à la France de cesser ses missions de « renseignement », la menaçant de prendre les avions français « pour cible », a affirmé à l’AFP le porte-parole de l’Alliance nationale Ali Gueddei.

« Nous tenons à lancer un dernier appel solennel à la France pour qu’elle cesse immédiatement l’état de belligérance vis-à-vis des forces armées de l’opposition. Dans le cas contraire, les Bréguet-Atlantique et autres Mirage, seraient désormais des cibles de notre DCA », a déclaré le porte-parole joint au téléphone depuis Libreville et qui lisait un communiqué qu’il avait rédigé.

Si « les forces armées de l’opposition » étaient favorables à la mission de l’Eufor de protection des populations civiles, affirme M. Gueddei, « la France a dénaturé la mission de l’Eufor (…) par son comportement » dans le cadre de la mission Epervier.

« La France serait mieux inspirée d’arrêter ses provocations répétées à l’endroit des forces de l’opposition en fournissant des renseignements aux troupes gouvernementales », ajoute M. Gueddei.

La France est présente au Tchad depuis 1986 dans le cadre de l’opération « Epervier » avec des moyens terrestres et aériens. Elle fournit le gros des troupes de l’Eufor, force européenne déployée dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour protéger les réfugiés du Darfour voisin ainsi que les populations tchadiennes et centrafricaines déplacées, au total 450.000 personnes.

La rébellion se targue d’avoir « abattu » lors de « violents combats » un hélicoptère de l’armée tchadienne qui a effectué un atterrissage forcé près de l’aréoport d’Abéche jeudi alors que l’état major tchadien affirme qu’il s’agit de « problème de moteur » d’un appareil « en vol d’entraînement ». De source militaire, l’hélicoptère pourrait avoir été touché par des balles.

M. Gueddei a indiqué à l’AFP que les rebelles se trouvaient actuellement dans la région de Goz Beida (700 km de N’Djamena) sans vouloir donner le nombre de ses troupes. « C’est un secret militaire mais je peux vous dire que nous sommes suffisamment nombreux pour renverser le gouvernement Deby » (le président tchadien Idriss Deby Itno).

Interrogé sur le scepticisme des Français sur l’ampleur de leur attaque et les démentis du gouvernement tchadien sur l’existence de l’attaque, M. Gueddei a répondu: « Tant mieux, s’ils ne nous voient pas. Tant mieux! ».

Plus tôt, une source militaire française du dispositif Epervier avait affirmé à l’AFP que les « Mirage F-1 poursuivaient leurs missions de reconnaissance », ajoutant que « vu à l’altitude où ils volent, je ne vois comment ils peuvent +provoquer+ ou +intimider+ », selon les mots utilisés par les rebelles dans de précédentes déclarations.

Les autorités tchadiennes ont démenti vendredi que les rebelles se dirigeaient vers N’Djamena et dénoncé une « campagne d’intoxication dénuée de tout fondement ».

Des sources militaires françaises n’ont pas repéré de mouvements rebelles importants. Une source a ironisé auprès de l’AFP: « les rebelles sont surtout dans les medias ».


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