TCHAD: La guerre sera totale si l’Union européenne n’est pas neutre – la rébellion – Irin

La force de l’Union européenne (UE) qui sera déployée au Tchad pourrait être prise pour cible si elle ne fait pas preuve d’impartialité dans le conflit tchadien, a prévenu un des leaders de la rébellion dans l’est du pays.

« S’ils viennent dans le seul but de protéger les réfugiés du Darfour installés dans l’est du Tchad, nous n’y voyons aucun inconvénient », a expliqué à IRIN Albissaty Saleh Allazan, leader du Conseil d’Action Révolutionnaire, à l’issue d’une conférence de presse qui s’est tenue le 14 septembre à Dakar, capitale du Sénégal.

« Mais s’ils finissent par s’interposer entre les troupes de N’djamena [la capitale tchadienne] et nous, alors nous les combattrons ».

Le 10 août, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, avait publié un rapport recommandant « une présence force multidimensionnelle de l’ONU dans l’est du Tchad et le nord-est de la République Centrafricaine » chapeautée par l’UE pendant une période préliminaire de 12 mois, période à l’issue de laquelle une mission des Nations Unies pourrait prendre la relève.

L’UE a approuvé l’envoi d’une telle force et son déploiement pourrait commencer en octobre.

Les groupes rebelles, pour leur part, associent la force de l’UE à la France, l’ancienne puissance coloniale du Tchad.

En effet, les troupes françaises basées à N’djamena auraient joué un rôle déterminant dans l’échec de la tentative d’invasion de la capitale en avril 2006 par un groupe rebelle (même si, depuis, le leader de ce groupe a constitué une alliance avec le gouvernement tchadien).

« Je m’interroge sur les intentions réelles de l’UE », a affirmé Albissaty, dont le mouvement fait partie d’une coalition, avec le Rassemblement des Forces du Changement de Timan Erdimi.

D’après M. Albissaty, l’UE est plus intéressée par l’exploitation des ressources pétrolières que par l’instauration d’une paix durable dans le pays.

« Si l’UE et l’ONU ne prennent pas au sérieux le conflit tchadien, il risque de dégénérer en guerre totale et prendre une tournure semblable au conflit auquel nous assistons en Irak », a-t-il ajouté.

L’UE et l’ONU ont récemment effectué une mission préparatoire au Tchad, mais aucun de ses représentants n’a pris contact avec les leaders de la rébellion, a déploré M. Albissaty. « Nous avons des discussions avec la Croix-Rouge Internationale tout le temps, mais nous n’avions jamais eu avec un représentant de l’UE ou de l’ONU », a-t-il souligné.

« Nous aurions aimé collaborer avec eux », a-t-il ajouté

Selon M. Albissaty, les groupes rebelles souhaitent trouver une issue pacifique au conflit armé et leurs dirigeants ont pris part aux pourparlers de paix organisés à Tripoli par le leader libyen, Mouammar Ghaddafi.

« Au cours des pourparlers, il est clairement apparu que la délégation du gouvernement ne négociait pas en toute bonne foi. Le gouvernement cherche à nous diviser », a-t-il affirmé.

« Ses représentants ont tenté de nous rencontrer individuellement en nous faisant des promesses et en nous faisant croire que nous trahissions mutuellement, mais cette manœuvre n’a pas marché », a-t-il insisté.

Les troupes rebelles ont une forte puissance militaire capable de faire face à l’armée, a-t-il ajouté.


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