Tchad: les rebelles lancent une offensive – Afp

Les rebelles du Tchad, qui ont lancé une offensive mercredi dans l’est du pays, ont pris samedi à la mi-journée la ville de Goz Beida, à 75 km de la frontière soudanaise, a appris l’AFP de sources concordantes rebelle et humanitaire.

«Nous avons pris Goz Beida vers 12H00 (11H00 GMT) après 40 minutes de combats. Les rescapés de l’armée tchadienne ont pris la fuite. Nous occupons la ville», a affirmé Abdelwawid Aboud Makaye, président de l’Union des Forces pour la Démocratie et le Développement-Fondamentale (UFDD-F), joint par téléphone depuis Libreville.

L’UFDD-F est membre de l’Alliance nationale qui regroupe la plupart des factions rebelles tchadiennes.

«Effectivement, les rebelles sont en ville. Il y a eu des coups de feu. On entend des cris de joie», a confirmé sous couvert de l’anonymat un membre du personnel humanitaire présent à Goz Beida, également joint depuis Libreville.

«Nous sommes 500 pick-up bien armés. Notre objectif est N’Djamena. Nous voulons la prendre avant la fin du week-end. Inch’allah», a ajouté M. Aboud Makaye.

«Deux hélicoptères tchadiens ont participé aux combats mais nous n’avons pas peur des hélicoptères. Nous leurs tirons dessus», a-t-il affirmé.

Selon une autre source rebelle, une colonne de véhicules se dirige vers la ville de Mangalmé (5OO km à l’est de N’Djamena) et à 75 km à l’ouest de Goz Beida.

Jeudi, les rebelles affirmaient avoir abattu un hélicoptère, alors que l’armée tchadienne expliquait que l’appareil avait connu un problème technique. Les hélicoptères sont considérés comme une pièce maîtresse du conflit au Tchad par les observateurs.

«Nous sommes en train d’avancer. Nous roulons sur N’Djamena. Notre objectif est N’Djamena. Ce n’est un secret pour personne», avait affirmé vendredi Ali Gueddei, porte-parole l’Alliance nationale.

Le gouvernement tchadien affirmait également vendredi que l’offensive des rebelles n’était qu’une «campagne d’intoxication sans fondement».

Samedi matin, une source militaire tchadienne a indiqué qu’«avec la saison des pluies, les rebelles (cherchaient) à prendre pied à l’intérieur du Tchad. Ils sont tout au long de la frontière».

Une source gouvernementale à N’Djamena a pour sa part déclaré que «les rebelles faisaient des va-et-vient entre la frontière et le Tchad et le Soudan», où la rébellion dispose de bases arrière.

Le Tchad et le Soudan s’accusent régulièrement de soutenir les rébellions en lutte contre leurs régimes respectifs. Ils ont rompu à la mi-mai leur relations diplomatiques après une attaque menée près de Khartoum par un groupe rebelle soudanais du Darfour, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM). N’Djamena avait nié «toute implication».

Les deux pays entretiennent depuis cinq ans des relations aussi tendues que tumultueuses.


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