Tchad: Goz Beida brièvement occupée par les rebelles qui menacent – Afp

La rébellion tchadienne, qui affirme se diriger sur N’Djamena, a brièvement occupé samedi Goz Beida, ville dans l’est du pays entourée de camps de réfugiés, prédisant un « gros choc » dimanche contre les forces gouvernementales qui ont reçu des renforts.

Les rebelles avaient quitté la ville – située à 75 km de la frontière soudanaise – en fin d’après-midi tout en affirmant contrôler le secteur.

« Nous avons pris Goz Beida vers 12H00 (11H00 GMT) après 40 minutes de combats. Les rescapés de l’armée tchadienne ont pris la fuite. Nous occupons la ville », a affirmé samedi Abdelwawid Aboud Makaye, un chef rebelle membre de l’Alliance Nationale qui avait atteint N’Djamena en février et failli renverser le président Idriss Deby Itno.

La rébellion, selon lui, n’a subi aucune perte et s’est emparée de 20 véhicules des forces gouvernementales. La prise de la ville a été accompagnée « de cris de joie », a confirmé un humanitaire présent à Goz Beida.

Au cours des combats, des soldats de l’Eufor – la force européenne déployée au Tchad et en Centrafrique pour protéger les populations civiles – ont été « pris à partie par des éléments armés non identifiés » et « ont répliqué (…) après avoir identifié avec précision l’origine des tirs dont ils faisaient l’objet », a affirmé à l’AFP le lieutenant-colonel Jean Axelos, porte-parole de l’Eufor.

Goz Beida, dans un secteur de collines, est un pôle important dans le sud-est. Pas moins de 80.000 déplacés tchadiens sont concentrés sur une dizaine de sites autour de la ville, alors que 36.000 réfugiés du Darfour vivent dans deux camps proches.

Quelque 500 soldats irlandais et néerlandais de l’Eufor, ont installé leur camp à l’ouest de la ville. Ils ont fait des missions samedi pour « récupérer » et protéger les personnels humanitaires.

L’armée tchadienne a aussitôt dépêché des « renforts » d’Abéché (200 km au nord de Goz Beida) et d’Hadjer Meram (80 km au sud-est) pour reprendre la ville, a appris l’AFP de sources militaires tchadiennes.

Un pilote français descend de son Mirage F-1, le 13 novembre 2007 à N’Djamena
© AFP/archives Thomas Coex
Des sources militaire et policière tchadiennes ont précisé que les « rebelles sont entrés dans Goz Beida avec 80 véhicules ».

Les rebelles, qui affirment contrôler le secteur, avaient quitté Goz Beida samedi en fin d’après-midi.

Un autre chef rebelle, Abderaman Koulamallah estimait lui que « le gros choc aura lieu probablement demain (dimanche) à Goz Beida avec les troupes gouvernementales ».

Selon lui, une autre colonne de véhicules rebelles se dirigerait vers la ville de Mangalmé (5OO km est de N’Djamena) et à 75 km à l’ouest de Goz Beida.

Depuis le début de l’offensive et la chute d’un hélicoptère jeudi, les rebelles bombent du torse affirmant rouler vers N’Djamena.

Leurs affirmations sont contredites par des observateurs. Samedi matin, les Tchadiens soulignaient que les rebelles se contentaient de « va-et-vient » avec leurs bases arrière au Soudan.

En prenant Goz Beida, les rebelles ont peu avancé depuis mercredi mais ils signent un coup d’éclat inquiétant pour les autorités.

« Notre objectif est N’Djamena. Nous voulons la prendre avant la fin du week-end. Inch’allah », clame désormais M. Aboud Makaye.

Vendredi, les rebelles avaient demandé à la France, qui entretient depuis 1986 un dispositif militaire au Tchad, de cesser ses missions d’observation aérienne au profit de l’armée tchadienne, la menaçant de tirer sur les « Bréguet-Atlantique et Mirage ».

Paris, qui a soutenu M. Deby en février, a mis en garde samedi les rebelles: « Toute action armée visant le Tchad et ses institutions ne peut qu’être condamnée par la France et la communauté internationale ».

Paris a demandé aux protagonistes de « trouver une solution politique » alors qu’une source de haut rang tchadien a accusé le Soudan de « pousser » aujourd’hui les rebelles à attaquer « pour déstabiliser notre pays ».


Commentaires sur facebook