La déclaration de l’ambassadeur désigné des États-Unis au Tchad – Usinfo

M. Louis Nigro devant la commission sénatoriale des affaires étrangères

Le nouvel ambassadeur désigné des États-Unis au Tchad, M. Louis Nigro, s’est engagé à poursuivre l’aide à ce pays alors qu’il fait face à une crise humanitaire aux proportions considérables.

Le 19 septembre, il a déclaré aux membres de la commission sénatoriale des affaires étrangères : « Dans l’est du pays, les réfugiés du Darfour et les Tchadiens déplacés fuient la violence dont leurs localités sont la proie, tandis que des réfugiés venant de la République centrafricaine cherchent la sécurité dans le sud du pays. »

Si le Sénat entérine sa nomination au poste d’ambassadeur, M. Nigro compte contribuer à la réalisation de trois grands objectifs : protéger et aider des centaines de milliers de réfugiés soudanais et centrafricains et de Tchadiens déplacés et encourager le Tchad à contribuer à une solution durable au conflit du Darfour ; renforcer les capacités du Tchad à faire face aux menaces des terroristes ; enfin, apporter un soutien à l’évolution politique de ce pays vers un régime démocratique.

M. Nigro a rappelé aux membres de la commission sénatoriale que le Tchad était situé au cœur de l’Afrique et qu’il avait des frontières communes avec six autres pays, notamment le Soudan, la Libye et la République centrafricaine. » Le Tchad, a-t-il dit, a une influence sur ce qui se passe dans tous les pays limitrophes et est influencé par ce qui se passe dans ces pays. »

Par ailleurs, il a indiqué que les intérêts des États-Unis dans ce pays avaient augmenté considérablement ces dernières années. « C’est au Tchad, a-t-il dit, que le secteur privé des États-Unis a ses investissements les plus importants en Afrique subsaharienne ; il s’agit de l’oléoduc entre le Cameroun et le Tchad de la société Exxon-Mobil. »

On trouvera ci-après le texte de la déclaration que l’ambassadeur désigné a faite devant les membres de la commission sénatoriale des affaires étrangères.

(Début du texte)

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur pour moi de prendre la parole devant vous aujourd’hui en qualité de personne nommée par le président au poste d’ambassadeur des États-Unis d’Amérique en République du Tchad. Je remercie le président Bush et la secrétaire d’État, Mme Rice, pour avoir décidé de me confier cette responsabilité importante. Si le Sénat entérine ma nomination, j’œuvrerai de concert avec votre commission et d’autres commissions parlementaires pour défendre les intérêts des États-Unis au Tchad et dans cette partie du monde.

Mon épouse Tarja, mon frère Robert et son épouse Anita sont ici présents à mes côtés. Mon épouse et moi nous sommes connus au Tchad où j’ai été affecté de 1988 à 1990 ; nous nous sommes mariés à Haïti en 1994 lors de mon affectation dans ce pays. Elle est un élément essentiel de ma carrière diplomatique ; sans son amour, son soutien et ses conseils, je n’aurais pas pu être ici même aujourd’hui.

Depuis mon entrée dans le service diplomatique en 1980, outre les postes que j’ai occupés au Tchad et à Haïti, j’ai rempli des fonctions en Guinée, à Cuba, au Saint-Siège et aux Bahamas, ainsi qu’à Washington au sein du Conseil chargé de l’élaboration de la politique et du Centre des opérations et dans les services des affaires de l’Europe occidentale et des affaires canadiennes. J’ai aussi représenté le département d’État à l’École supérieure de guerre de l’armée de terre des États-Unis et en qualité de diplomate détaché auprès de l’université de Houston.

Monsieur le Président,

La République du Tchad est située au cœur de l’Afrique et a des frontières communes avec six autres pays, notamment le Soudan, la Libye et la République centrafricaine. Le Tchad a une influence sur ce qui se passe dans tous les pays limitrophes et est influencé par ce qui se passe dans ces pays. La plupart de ses quelque 10 millions d’habitants, qui forment une riche mosaïque de langues, de religions et de groupes ethniques, sont des pasteurs ou des cultivateurs, dont les taux de pauvreté, d’analphabétisme, de maladie et de mortalité infantile figurent parmi les plus élevés du monde.

Pendant de nombreuses années, le mot Tchad a été synonyme d’isolement et de troubles civils. L’USAID a fermé les locaux de sa mission en 1995, et le Corps de la paix y a suspendu ses activités pour une durée indéterminée en 2006. Toutefois, les intérêts des États-Unis au Tchad ont augmenté considérablement ces quelques dernières années. Ce pays est à l’heure actuelle le lieu d’une crise humanitaire aux proportions considérables : dans l’est du pays, les réfugiés du Darfour et les Tchadiens déplacés fuient la violence dont leurs localités sont la proie, tandis que des réfugiés venant de la République centrafricaine cherchent la sécurité dans le sud du pays. Les vastes espaces du pays et ses frontières poreuses le laissent vulnérable à l’infiltration des terroristes. Enfin, c’est au Tchad que le secteur privé des États-Unis a ses investissements les plus importants en Afrique subsaharienne ; il s’agit de l’oléoduc entre le Cameroun et le Tchad de la société Exxon-Mobil. Le Tchad et la Banque mondiale se sont mis d’accord sur un mécanisme novateur pour suivre les recettes tirées de cet oléoduc et pour les gérer.

Monsieur le Président,

Les États-Unis ont trois grands objectifs stratégiques relativement au Tchad : tout d’abord maintenir un niveau suffisant de protection et d’aide à des centaines de milliers de réfugiés soudanais et centrafricains et de Tchadiens déplacés et encourager le Tchad à contribuer à une solution durable au conflit du Darfour. Deuxièmement, renforcer les capacités du Tchad à faire face aux menaces des terroristes. Troisièmement, soutenir l’évolution politique du pays vers une gouvernance démocratique qui respecte les droits de l’homme et qui maintient l’État de droit. Ce dernier objectif est essentiel : un Tchad plus démocratique serait un partenaire plus stable et plus efficace pour s’attaquer aux problèmes régionaux, tels que le conflit du Darfour, l’instabilité chronique en République centrafricaine et les menaces des terroristes étrangers.

Il y a beaucoup de choses que j’espère accomplir au Tchad, si le Sénat décide d’entériner ma nomination au poste d’ambassadeur. Tout d’abord, je m’engagerais à veiller au maintien de la sécurité et du bien-être des Américains qui se trouvent dans ce pays. Deuxièmement, en œuvrant étroitement avec mes homologues dans cette partie du monde et au-delà, je renforcerais nos efforts sur le terrain afin de fournir une aide humanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées et d’accélérer l’envoi de forces de maintien de la paix pour les protéger ainsi que le personnel des organismes humanitaires qui leur vient en aide. Troisièmement, je ferais porter les activités de l’ambassade sur le soutien des efforts multilatéraux visant à rétablir la paix et la stabilité au Tchad et dans cette partie du monde, afin de permettre aux réfugiés et aux personnes déplacées de rentrer dans leurs foyers en toute sécurité. Quatrièmement, je maintiendrais la coopération bilatérale et multilatérale en matière de lutte contre le terrorisme. Enfin, je poursuivrais nos efforts destinés à promouvoir la démocratie, le respect des droits de l’homme et de l’État de droit tout en aidant le Tchad à fournir à ses habitants de meilleurs services dans les domaines de la santé, de l’enseignement et d’autres domaines sociaux et en encourageant l’accroissement des échanges commerciaux et des investissements et l’accélération de la croissance économique.

Avec ces objectifs, j’ose espérer, si le Sénat entérine ma nomination, pouvoir aider le Tchad à accroître sa sécurité et sa prospérité, à devenir plus démocratique et, par conséquent, à être un partenaire plus efficace des États-Unis dans cette partie du monde.


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