Les Brèves de N’djaména : Deby/MJE, liaisons dangereuses

On savait que Deby travaille activement pour faire sauter le Dr Khalil Ibrahim de la direction du MJE et installer un de ses protégés et continuer à utiliser le MJE comme supplétif de son armée, mais le Dr n’est pas facile à déboulonner, contrairement à ce que pensait Deby.

Alors celui-ci a opté pour une méthode connue depuis des siècles : diviser pour régner. En effet, Deby vient de lancer en même temps trois tendances dissidentes du MJE, dirigées respectivement par Bahar Aboukarda (ex bras droit du Dr), Aboubacar Hamid Anour Abderrahmane (un cousin du Dr) et Abdallah banda (Ex CEM du MJE). Les « conseillers » de Deby ont activement travaillé avec chacun des chefs dissidents, avant qu’ils ne soient reçus chacun individuellement par Deby lui-même. La mission est identique pour les trois : « je mets à ta disposition tous les moyens nécessaires pour chasser Dr Khalil de la direction du MJE et que tu deviennes l’unique maître du MJE». Joignant l’acte à la parole, Deby a remis à chacun d’eux quatre Toyota troupe et des moyens financiers.

En réalité, personne n’est dupe sur les gesticulations de Deby à l’endroit des responsables dissidents du MJE. L’ultime objectif de cette manipulation est de faire recruter des tchadiens sous le nom du MJE (puisque Deby n’arrive plus à recruter dans les milieux zaghawa) et ensuite les utiliser comme des supplétifs de son armée.

Les dilemmes des Chefs militaires – Deby, avant de prendre l’avion pour la Chine, a évacué toute son armée vers la frontière est, ne laissant à Ndjamena que « des rebelles sans armes », selon ses propres termes. C’est ainsi que les « Généraux » Tahir Erda et Dirmi Haroun, à la tête de deux colonnes de plus de 120 véhicules sont arrivées à Guéréda, avant de continuer vers la frontière, où l’inattendu s’est produit : des groupes entiers, les uns à pieds, d’autres en véhicules désertent au profit des différents groupes de la rébellion. Les rebelles qui sont tapis non loin des positions de l’armée cueillent les déserteurs comme des fruits murs. C’est un casse tête chinois pour les chefs militaires : revenir en profondeur du Tchad, c’est contre les instructions du Président qui leur a demandé de se rapprocher le maximum des positions des rebelles pour les avoir à l’œil, jusqu’à son retour ; garder les positions actuelles, c’est la saignée totale en vue. Deby trouvera certainement la solution à ce dilemme, depuis la Chine.

Beremadji Félix
N’djaména


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