Mort de Mahamat Douba Alifa, dignitaire de l’ancien régime de Tombalbaye – APA

Mahamat Douba Alifa, le tout puissant ministre de l’intérieur du Premier Président tchadien François Tombalbaye, est mort mardi des suites d’une maladies, a appris APA de sources concordantes à NDjamena.

Durant les quinze ans de règne du président Tombalbaye, Mahamat Douba Alifa s’est illustré par un autoritarisme et un sens de la discipline qui lui a valu surtout l’inimitié des opposants au premier président tchadien.

Homme à poigne, il ne faisait pas dans la dentelle, et beaucoup de ses détracteurs le mettent en cause dans les dérives autoritaires du premier régime présidentielle post indépendance.

Antoine Bangui, collaborateur puis opposant au Président Tombalbaye, dans un livre célèbre paru aux Editions Hatier de Paris et intitulé Le Prisonnier de Tombalbaye où il raconte ses années de calvaire dans les geôles du dictateur, accuse l’ancien ministre Douba Alifa d’être un tortionnaire.

Les nostalgiques du régime Tombalbaye voyaient en lui un homme d’Etat qui a su faire régner l’ordre et la sécurité sur l’ensemble du territoire national tcadien.

Mais Mahamat Douba Alifa est surtout sultan de Bousso, à 350 Km environ au sud est de N’Djamena.

Sa Majesté Douba Alifa est porté au trône de cette royauté depuis 1947 et est mort ce mardi après 61 ans de règne.

Mardi après midi, l’avenue Mobutu a été prise d’assaut par une file interminable de véhicules accompagnant le corps du sultan-ministre à l’aéroport militaire de N’Djamena où un hélicoptère de l’armée a évacué la dépouille mortelle à Bousso où ses sujets l’attendaient pour l’inhumer.

Sa Majesté Douba Alifa fait partie d’une poignée de monarques tchadiens arrivés au trône avant les indépendances et qui sont en voie d’extinction.

Sa Majesté Alifa Zezerti, sultan du Kanem dont les ancêtres avaient régné sur un empire (l’empire du Kanem) qui s’étendait de l’Est du Niger au sud de la Libye en passant par le Nord du Nigeria et une bonne partie de l’Ouest tchadien est sur le trône de ses ancêtres à Mao(300Km au Nord Ouest de N’Djamena) depuis les années 1940.

Au sud, le Chef Pirkolossou des Bayaka règne depuis le milieu des années 1950 sur ce canton à 500Km au sud de la capitale, dans la sous-préfecture de Kélo



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