Idriss Déby : Super star à Pékin – Lettre du continent

Le président tchadien qui a abandonné Taipeh, allié de son frère ennemi soudanais Omar el-Béchir, pour Pékin sera fêté en Chine pop’ le 19 septembre.

Avant la visite officielle en Chine du président Idriss Déby, à partir du 19 septembre, c’est le général Mahamat Ali Ab¬dallah Nassour Senoussi, ministre d’Etat chargé des mines et de l’énergie, qui a préparé les « dossiers » au mois de juin. Pékin s’intéresse à des projets pétroliers et uranifères au Tchad (LC n0521). La Chine s’est par ailleurs engagée à livrer des mortiers et des roquettes au président tchadien. Ancien chef d’état-major de l’armée et ex-ambassadeur à Paris, le général Mahamat Ali Abdallah avait une grande marge de manœuvre pour négocier avec Pékin. Ce « sécurocrate » est un proche de Daoussa Déby, le demi-frère du président, ainsi que le neveu de la famille du sultan Haggar des Zakhawas.

Avant sa visite à Pékin, le président tchadien a prudemment réorganiser son premier cercle sécuritaire, en cooptant des membres de son ethnie bidéyat de Fada (LC n0523). Déby est pris en tenailles par la rébellion anakaza-gorane du général Mahamat Nouri (originaire du Nord, dans le Borkou) et celle des Zakhawa de Kobé dirigée par Timan Hussien Erdimi, originaire du sud de l’Ennedi. Le général Mahamat Ali Zène, patron de la garde rapprochée, coordonne dorénavant toute sa sécurité à N’Djamena, Moussoro, Douguia, Abéché, Fada et Am-Djerres avec le colonel Nassour idriss Déby, fils cadet du président ayant succédé à Ibrahim, assassiné cet été à Paris. Ex-douanier zakhawa soudanais, le général ismaïi Chaïbou organise les opérations d’espionnage des camps rebelles avec un réseau de bergers. Egalement Zakhawa du Soudan, le général Abakar Kaïnkano, DG de la gendarmerie, quadrille la capitale N’Djamena, avec le soutien du général Aboubakar Hussein, le patron de l’ANR (police politique).

Daoussa Déby se charge des contacts avec l’étranger. Il vient de se rendre à Kiey (via Paris) pour la livraison d’armes commandées (avec de faux documents de la présidence) par Tom Erdimi, frère jumeau de « Timan’; le leader de la rébellion zakhawa de Kobé. lngénieur des ponts et chaussées, Daoussa Déby a été formé en Ukraine tout comme « Tom »; ingénieur géophysicien. Daoussa Déby travaille surtout avec le maréchal Koolick Popov, un sexagénaire ressortissant de Tachkent. Dans la capitale tchadienne, il est installé à l’hôtel Kempesky avec une équipe de pilotes et de mécaniciens ukrainiens. Les « écoutes » am été confiées à l’ingénieur Mosneh Hayin Ben Eliézer, qui est en contact permanent avec le chef de l’Etat via les oreillettes des colonels Mahamat Bakhit et Papou Hissein Itno, deux neveux du chef de l’Etat.

Négociations secrètes sur le Darfour : Comment Sarkozy mobilise Bongo et Wade

Nicolas Sarkozy peaufine son intervention du 25 septembre devant le Conseil de sécurité des Nations Unies qu’il présidera. Le chef de l’etat entend être le parrain d’une nouvelle initiative sur le Darfour.

Selon nos informations, le président Nicolas Sarkozy a eu un entretien, dimanche matin 2 septembre, sur le dossier « Darfour » avec le président Abdoulaye Wade. Dans la foulée, ce dernier a reçu à 11 h30, à la résidence de l’ambassadeur du Sénégal à Paris, le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, en présence de l’avocat Robert Bourgi. Wade s’était déjà entretenu secrètement à Paris avec Abdelkerim Mahamat Nour, le chef rebelle du Front uni pour le changement (FUC) qui n’a pas signé l’accord d’Arusha du 6 août entre le gouvernement soudanais et les huit autres factions rebelles. Le 3 septembre, c’est !e président Omar Bongo qui a été « mobilisé » par Nicolas Sarkozy pour briefer ses homologues africains sur le dossier. Cela tombe bien, le président gabonais venait de recevoir dans sa villégiature marocaine de Rabat un émissaire du président soudanais Omar el-Béchir … On sait que la grande ambition de l’Elysée est d’envoyer une cavalerie européenne de 4 000 hommes à la frontière Est du Tchad en octobre (fin de la saison des pluies). La moitié de la troupe sera française … Le QG de l’opération sera installé au « mont Valérien » ! Une opération tricolore « visible » avant l’arrivée dans le Darfour, d’ici mi¬2008, de la force hybride Union africaine/Nations unies (26 000 hommes).

Sous information ou désinformation – Tchadactuel

L’article de la LC ci-dessus appelle de notre part les remarques suivantes : l’article est truffé des erreurs et affirmations tellement grossières et gratuites qu’on se pose la question de savoir si la finalité dudit papier n’est pas plutôt la désinformation.

  1. Ni Timan Erdimi ni Mahamat Nouri ne sont à la tête « d’une rébellion composée des gorane –annakaza ou zaghawa Kobe », mais plutôt à la tête des mouvements composé des fils du Tchad venant des différents horizons.
  2. Même si l’entourage politique et militaire de Deby grouille des individus beaucoup plus soudanais que tchadiens, il n’a jamais été mentionné de la nationalité soudanaise du DG de la Gendarmerie et celui de l’ANS (mais ce dernier a toute sa famille au Soudan).
  3. Ni le Gl Aboubacar Hussein, ni la structure dénommée « ANR », ne sont connus des tchadiens. Si l’auteur de l’article veut dire « ANS », alors le chef de l’ANS est Mahamat Ismaël Chaibo. Il en est de même pour un certain « Gl Mahamat Ali Zene », soit disant patron de la GR !
  4. Que Daoussa Deby voyage avec des faux documents de la Présidence et qu’il soit le contact privilégié des marchands d’armes et officines des renseignements israéliens, il n’y a rien d’étonnant ; par contre, affirmer que Daoussa Deby et Tom Erdimi travaillent ensemble, ça frise le ridicule.

La Rédaction

Remarques d’un lecteur

Bonjour,

J’ai lu les précisions que vous avez apportées aux propos de la LC. En plus de ce que vous avez déjà précisé, il me semble que les propos suivants ne sont pas non plus exacts:

« Selon nos informations, le président Nicolas Sarkozy a eu un entretien, dimanche matin 2 septembre, sur le dossier « Darfour » avec le président Abdoulaye Wade. Dans la foulée, ce dernier a reçu à 11 h30, à la résidence de l’ambassadeur du Sénégal à Paris, le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, en présence de l’avocat Robert Bourgi. Wade s’était déjà entretenu secrètement à Paris avec Abdelkerim Mahamat Nour, le chef rebelle du Front uni pour le changement (FUC) qui n’a pas signé l’accord d’Arusha du 6 août entre le gouvernement soudanais et les huit autres factions rebelles« .

S’agit-il de Mahamat Nour Abdelkerim, Ministre tchadien de la Défense ou y a-t-il un quiproquo? Je crois avoir entendu qu’un chef rebelle soudanais a refusé de signer l’accord d’Arusha, mais ce n’est pas MNA, qui par définition n’est pas Soudanais, et donc non concerné par cet accord.

Merci de compléter vos observations par ces remarques si vous les jugez exactes.

Lyadish Ahmed


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