N’Djamena : Sept étudiants camerounais interpellés – Mutations

Ils se seraient substitués à des candidats au cours de la session de rattrapage du Bac tchadien.

Depuis jeudi dernier, sept Camerounais ont été conduits à la maison d’arrêt de N’Djamena au Tchad à l’issue de l’instruction diligentée par le parquet de N’Djamena. Ils ont été arrêtés au cours de la session de rattrapage du baccalauréat tchadien qui s’est déroulée il y a deux semaines aujourd’hui. Une session au cours de laquelle, Mahamat, un jeune étudiant camerounais a été arrêté au lycée de Farcha alors qu’il s’était substitué à un candidat. Son attitude a-t-on appris a permis aux forces de police tchadiennes de se rendre compte de son implication dans des pratiques de substitution de candidats, au 2ème jour des examens.

L’interrogation de ce dernier par la division de la police judiciaire du Tchad a permis de démasquer un important réseau de faux. C’est ainsi que Xavier, un autre Camerounais considéré à N’Djamena comme un chargé d’inscriptions s’est spécialisé dans le négoce du fameux sésame qu’est le baccalauréat. Son mode opératoire consistait, a-t-il déclaré selon la police, au recrutement dans les universités camerounaises, des étudiants susceptibles de composer en lieu et place des candidats, moyennant le paiement d’une somme oscillant entre 150.000 et 300.000 Fcfa.

Cette méthode qui a permis à de nombreux jeunes d’obtenir le baccalauréat sans grand effort bénéficiait des complicités insoupçonnées chez les chefs d’établissements tchadiens ou dans les postes d’identification au Cameroun. Puisqu’ils sont devenus des laboratoires des fausses cartes d’identité scolaire ou de récépissés de carte nationale d’identité aux informations biaisées. Toujours est-il que cinq jeunes filles étudiantes à Ngaoundéré et à Douala vont être interpellées au cours des enquêtes. De même que le proviseur du Lycée de Farcha, principal responsable du centre d’examen de Farcha à N’Djamena. Tous ont été gardés à vue pendant près de sept jours, avant d’être mis sous mandat de dépôt jeudi dernier à la maison d’arrêt de N’Djamena au Tchad.

L’ambassadeur du Cameroun au Tchad n’étant pas à N’Djamena, la communauté camerounaise installée dans ce pays voisin s’est mobilisée. Sans grand succès. Le 1er secrétaire de l’ambassade du Cameroun au Tchad qui a tenté d’intercéder en faveur des Camerounais impliqués dans cette affaire, s’est entendu dire que la réglementation tchadienne sera scrupuleusement respectée dans le cadre de cette affaire. Les nombreuses démarches entreprises par les familles des personnes interpellées (parfois à coup de milliers de Cfa) ont toutes échouées. Le gouvernement tchadien ayant à cœur de dératiser le système organisationnel du baccalauréat tchadien. Selon Anita, une des responsables de la communauté camerounaise à N’Djamena, il est urgent que  » le Cameroun s’investisse pour que les jeunes filles qui ont été manipulées par les démarcheurs recouvrent la liberté. Parce que je pense qu’elles ont été emballées dans une affaire où les gens ont profité d’elles.  » Pour l’heure leurs conditions de détention, estime t-on au sein de la colonie camerounaise, sont peu reluisantes. Une des cinq jeunes filles a cependant été libérée sous caution en raison de sa minorité.

Liste des personnes détenues


  1. Bogni Jeannine, étudiante 1ére année Université de Ngaoundéré
  2. Alice Nyangono, étudiante 3ème année Université de Ngaoundéré
  3. Alida Habiba, étudiante à Douala
  4. Sarah Ngo Bikaï, étudiante Université de Ngaoundéré
  5. Mahamat, étudiant Université de Ngaoundéré
  6. Xavier, chargé des inscriptions
  7. Libérée sous caution, nous n’avons pu obtenir son identité

Dieudonné Gaïbaï, Mutations


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