Les ballades de Deby dans le Nord-Est du pays

Il s’avère que le déplacement de Deby est une façon de fuir tout simplement le climat social et politique étouffant de N’djaména, lequel climat est accentué par les révélations sur la responsabilité directe et personnelle de Deby dans l’assassinat de l’opposant Ibni Oumar M S. Comme il n’a rien à proposer aux tchadiens pour solutionner la crise multiforme que traverse le pays, Deby a donc choisi la solution la plus simple : fuir ses responsabilités.

A Fada, il n’avait aucun programme précis, excepté celui concocté par l’omniprésent Younousmi. On se rappelle que juste quelques temps avant le déplacement de Deby, des désertions ont eu lieu dans les garnisons de Fada. Ces déserteurs ont élu domicile sur la montagne de l’Ennedi et s’apprêtaient à constituer un nième groupe armé opposé au régime de Deby. Les mauvaises langues avaient laissé entendre que ça doit être un petit jeu de Younousmi pour arnaquer Deby au profit de ses parents et par la même occasion se présenter comme l’incontournable représentant de l’Ennedi. Younousmi est incontournable dans le système Deby, mais il l’est encore incontestablement dans l’Ennedi. Aussi, comme tout le monde s’y attendait, il a fait « descendre » les rebelles de la montagne. Dans l’euphorie de l’événement les cadres et autres membres du gouvernement originaires de Fada ont juré devant un Deby hilare qu’ils vont faire revenir tous les ennediens, excepté les Bilia, de la rébellion. « Nous allons déplumer Nouri dès la fin du mois sacré », ont-ils crié en chœur. Les observateurs avertis notent que, vu la détermination de ceux qui sont toujours dans la rébellion, qui va faire venir qui, that is the question !

L’étape d’Amdjeress est la plus attendue pour plusieurs raisons. Amdjeress, c’est un puits où IDI serait né. Le puits est tari depuis la sécheresse des années 73 et aucune âme n’y vit depuis cette époque ; mais par la volonté du roi, Amdjeress deviendra la Capitale du Tchad. Deby a sillonné le Tchad dans tous les sens, sauf son Bilia natal, où il n’a pas mis pieds pratiquement depuis plus de trente ans, excepté une brève apparition de 24h en 1981 lors du décès de son vieux père. Si ce n’est l’insistance de Younousmi et de Tahar Sougoudi, Deby allait annuler l’étape d’Amdjeress, tant il redoute de l’accueil qu’il prévoit hostile de la population. En effet il est conscient que la population locale est unanime contre sa personne et son régime, conscient aussi qu’il n’a pas investi un centime dans la région depuis qu’il est au perchoir, malgré la lourde tribut qu’ont payée les enfants Bilia pour que Deby soit là où il est actuellement. Si ce qui est investi à Amdjeress, l’a été dans le reste de la région pour le développement des infrastructures sanitaires, scolaires, pastorales, etc., la population aurait une autre attitude vis-à-vis de Deby et de son régime. Localement, on est unanimes à dire que les insolents, fastidieux et scandaleux investissements à Amdjeress ne profiteront à personne, ils seront tombés en ruine ou même pillés, dès que le MJE et Deby vont déguerpir.

Second sujet dont Deby redoute jusqu’à vouloir annuler l’étape d’Amdjeress est le conflit qu’il a lui-même déclenché contre son frère, « le Sultan ». En effet, Deby a poussé un général au chômage, en quête de responsabilité, de défier Timan Deby en demandant son départ immédiat du trône. C’est une façon de donner du travail au Général. Et selon les dernièrs infos, Timan attend de pieds fermes Deby et son général à Amdjeress.

Avant de quitter Fada, Deby a envoyé un message fort à Timan : le groupe du général opposant ne sera pas reçu par lui et qu’il ne doit même pas venir à Amdjeress. Alors Timan s’est mis à accueillir son frère, pas comme l’enfant du pays, mais comme le Président du Tchad, c’est tout dire.
Prochainement le mot de bienvenue de Timan Deby.

Correspondance particulière.


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