Les Brèves de N’djaména : Deby, Kamougué et Eldjinedi

A l’absence de Deby en villégiature vers l’est et Kamougué à Paris pour un bilan de santé, le Gl, Dr Eldjinedi procède à des nominations et élève certains militaires à des grades supérieurs. Kamougué rentre de Paris et demande un compte rendu. Eldjinedi lui rétorque qu’il n’a aucun compte à lui rendre. Deby rentre à N’djamena, Eldjinedi se précipite chez lui et fait un compte rendu à sa façon.

« C’est un vieux de la coloniale. Il ne comprend rien aux problèmes de l’armée moderne, et en plus il est malade, usé, donc en panne sèche physiquement et mentalement. Il faut savoir le gérer. Quant aux décisions que tu avais prises, ne touche à rien, c’est bon », Deby conseille ainsi Eldjinedi, plus d’autres insanités qu’on se retient de rapporter. Kamougué, à son tour se plante chez Deby pour se plaindre des décisions prises à son absence et qui ne sont pas les prérogatives d’un adjoint. « C’est un berger arabe, qui vient tout droit de la bergerie. Il gère les hommes comme il avait l’habitude de gérer son troupeau, et d’ailleurs de la façon dont il procède, il doit être un mauvais berger. Qu’est ce qu’il comprend même du Tchad ? Peut-être son employeur soudanais lui a demandé de foutre de la merde au sein de notre armée. Ainé, annule-moi tout ce travail arabe là ! ». Naturellement ainsi que d’autres insanités à ne pas rapporter. Selon notre témoin, quand Kamougué a quitté le salon de Deby, ce dernier a éclaté d’un rire strident et prolongé jusqu’aux larmes.

Le Consortium se retire – C’était déjà prévisible ; « un pays enclavé comme le Tchad a intérêt à créer des conditions propices, une atmosphère détendue, pour la bonne marche des affaires ; par contre si tout investisseur fait l’objet des harcèlements, chantages et arnaques, comme nous le sommes aujourd’hui, peu des gens vont se bousculer pour investir au Tchad », dixit un membre du Consortium. Le M. a été poli pour ne pas ajouter que toutes ses tracasseries sont orchestrées directement par Deby lui-même. Depuis 2004, le Consortium a pratiquement stoppé les recherches, mais les choses se sont empirées depuis l’arrivée du bouffon Nasser au Ministère du Pétrole. Selon certaines indiscrétions, le bouillant bouffon est l’instigateur de toutes les mauvais procès faits au Consortium et pire transmet à celui ci les instructions irréfléchies et insensées de son patron au Consortium sans aucun filtrage technique. Le permis de recherche arrive à son terme en décembre et le consortium n’a pas demandé son renouvellement, signifiant ainsi son désistement du Tchad. Y en a marre !

Le Cl Sidick Meyri exfiltré – L’opération « Meri » (coup de jet) est une promusse formidable de la part du RFC, exécutée avec tact et responsabilité. Sidick Meyri est le seul condamné à perpète à être détenu dans les locaux de la gendarmerie, où Deby et Mahamat Saleh Brahim pensent le maintenir jusqu’à la fin du monde. Vu la haine incompréhensible que ces deux vouent à Sidick, beaucoup pensaient que celui-ci sera éliminé en prison. Sidick a été une des grosses pointures à rallier Deby. Emprisonné, maltraité et humilié, il avait pu s’échapper pour rejoindre de nouveau le RFC. Lors du siège de N’djamena, son véhicule fut incendié, lui-même blessé, et fait prisonnier. Sans soins et dans un isolement total, il a survécu et soigné grâce à ces différents geôliers. L’opération « Meri » allait être capoté quand un des nouveaux ralliés, un des rares à être dans les secrets de l’opération, de surcroit cousin direct de Sidick, avait livré l’information aux envoyés de Deby, comme signe de bonne foi de son ralliement. Les conditions de détentions furent serrées et le lieu de détention changé. Mais ceci n’a pas empêché le RFC à se conformer la nouvelle situation et l’opération s’est enfin déroulée à la précision d’une horloge suisse.

Les responsables de la sécurité ont caché l’information à Deby. Mais celui-ci l’a apprise par d’autres canaux et il a failli se taper une crise. Il a réuni ses bouffons pour leur dire ceci: « je savais que vous me trompez toujours et me cachez beaucoup des choses. Certains d’entre vous entretiennent des relations quotidiennes avec mes ennemis mais je savais que je suis miné jusque dans ma culotte! Vous m’avez dit qu’il n’existe rien de RFC, sinon une dizaine avec Timan et Hachim Kouchié. Les soi-disant cadres seraient soit au Caire ou à Khartoum. Vous m’avez juré la main sur le cœur que la quasi totalité des militaires de Rfc sont partis derrière leurs chameaux ou ils se sont volatilisés dans la nature après qu’ils eurent reçu leur dû!

Or qu’est ce que je constate? 1- Issakha Diar est venu avec les voleurs de Ourombou. Dans sa suite il n’y avait que treize militaires, 2- tous les cadres militaires du RFC sont restés sur place. Et comble de tout, la ruée vers le RFC est beaucoup plus intensive que par le passé! Mais là où le bas blesse c’est ce que le Rfc a la capacité de s’infiltrer à l’intérieur de mon dispositif sécuritaire pour exfiltrer mes prisonniers! Je suis sans culotte! » Selon nos infos des têtes vont bientôt tomber à tous les échelons de la hiérarchie.

Beremadji Félix
N’djaména


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