Les Brèves de N’djamena : Assassinat d’Ibni Oumar, ça bouge

Malgré qu’il fût largement décrié, le rapport de la Commission d’enquête de Deby sur les événements de février 2008, n’en demeure pas moins le document de référence, la base juridique des diverses actions. Deux éléments sont brandis par les différentes parties pour futures actions : le document consacre la mort d’Ibni et par la même occasion identifie formellement les auteurs, les coauteurs et les complices de l’assassinat. Dès lors ça s’agite frénétiquement un peu partout.

Selon nos informations, plus de 5 plaintes de différentes sources sont en préparations et doivent être déposées incessamment devant différentes juridictions, contre les auteurs et les coauteurs de l’assassinat. Parmi ces cinq plaintes, deux, au moins, seront déposées par des organisations internationales de défense des droits de l’homme, bien connues.

Toujours sur le même chapitre, il semblerait que les choses bougent enfin aussi du coté de l’UE dont le responsable en la matière s’est aligné sur les positions du duo Sarkozy/Kouchner jusqu’à maintenant. Selon nos informations des mesures importantes seraient en cours : les dignitaires du régimes et surtout ceux qui ont une quelconque responsabilité dans la disparition des opposants tchadiens feront l’objet de plusieurs mesures : saisi de leurs comptes bancaires à l’étranger, refus de visa en cas de voyage en Europe et surtout, mesure très importante : saisine de la CPI, etc.

Même les chefs des cantons… Par un communiqué de l’UFCD, nous apprenons la défection et ralliement à la rébellion de deux chefs de canton du Ouaddaï, accompagnés de plusieurs de leurs proches. C’est la première fois qu’un tel événement survienne depuis l’apparition des rebellions armées à l’ère Deby ; ceci est d’autant plus extraordinaire qu’un chef de canton est par nature l’auxiliaire de l’administration le plus zélé et le plus docile, toujours et toujours avec le « Hakouma » et jamais contre lui. Il est aussi par principe contre tout ce qui est contre ce « Hakouma ». Sone départ en rébellion est donc un très grand événement et décrit en lui-même la gravité de la situation, l’impossibilité de vivre, de continuer à servir un régime devenu dictatorial, étranger aux vraies aspirations de la population. Les chefs des cantons devenus rebelles ne font pas partie de ces chefs dociles délateurs, agents alliés du pouvoir et ennemis de leurs propres populations, imposés par la volonté du roi à la population, contre la volonté unanime de celle-ci, comme c’est le cas du frère de l’autre. On se rappelle que la brèche démocratique sous l’ère Deby fut ouverte dans l’Ouaddaï par les premières élections démocratiques des chefs des cantons et fut refermée dans ce même Ouaddaï à Ngniguilim. Ce sont ces chefs élus démocratiquement qui viennent de tourner le dos à une administration devenue insupportable pour eux et pour leurs populations. Il faut s’attendre dans les jours qui viennent que l’Ouaddaï se vide de sa population au profit de la rébellion.

Beremadji Félix
N’djamena


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