L’ONU autorise une force de protection des civils au Tchad et en Centrafrique

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé mardi le déploiement d’une force mixte ONU-Union européenne (UE) dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour protéger les civils touchés par le conflit au Darfour voisin.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé mardi le déploiement d'une force mixte ONU-Union européenne (UE) dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour protéger les civils touchés par le conflit au Darfour voisin. Dans une résolution rédigée par la France et adoptée à l’unanimité de ses quinze membres, le Conseil a autorisé pour un an « l’établissement au Tchad et en RCA (…) d’une présence multidimensionnelle destinée à aider à créer les conditions favorables à un retour volontaire et durable des réfugiés et personnes déplacées ».

Il s’agit d’une mission de police de l’ONU, qui s’appellera Minurcat, appuyée militairement par l’UE.

Les 27 de l’UE avaient donné leur feu vert de principe à cette idée dès fin juillet mais elle devait être approuvée formellement par le Conseil de sécurité, seul organisme compétent en matière de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.

L’objectif est d’aider les populations des régions du Tchad et de République centrafricaine (RCA) limitrophes du Darfour, déstabilisées par le conflit meurtrier qui y sévit, et de favoriser à terme le retour des réfugiés.

Au Tchad seul, cela concerne, selon l’ONU, 236.000 réfugiés du Darfour et 173.000 déplacés tchadiens. La Centrafrique compte 10.000 réfugiés et plus de 200.000 déplacés dans le nord et le nord-est.

L’ONU devrait fournir 300 policiers qui devront former quelque 850 policiers tchadiens chargés des camps. La protection des zones alentour, à l’extérieur des camps, sera assurée par la force de l’UE, de 4.000 soldats au maximum.

Les militaires français, déjà présents dans la région, devraient jouer un rôle majeur. La Suède, l’Espagne, la Pologne et la Belgique pourraient également y participer.

La force de l’UE n’a pas pour mandat de protéger la frontière.

Il s’agit aussi d’assurer les arrières des 26.000 hommes de la force mixte ONU-Union africaine (UA) qui doivent se déployer progressivement au Darfour d’ici à la mi-2008.

« Cette force a une vocation humanitaire mais doit aussi permettre de ramener la stabilité dans l’ensemble de la région », a expliqué un connaisseur du dossier ONU-UE. « L’idée est de démarrer son déploiement dès octobre-novembre, de façon concomitante à celui de la force hybride ONU-UA au Darfour« .

Longtemps contrariée par le refus du président soudanais Omar el-Béchir d’autoriser l’entrée de « Casques bleus » sur son territoire, cette force de 26.000 hommes a enfin reçu, fin juillet, le feu vert du Conseil de sécurité. Mais son déploiement ne devrait pas s’achever avant la mi-2008.

Si elles apprécient ses efforts en faveur de la paix, certaines ONG ne cachent pas qu’elles soupçonnent la France de certaines arrière-pensées au Tchad et en Centrafrique, deux pays de son « pré carré » africain.

« L’idée ne peut qu’être saluée, nous réclamons depuis longtemps une intervention dans la région« , relève le secrétaire général de Survie, Fabrice Tarrit. « Mais la France n’est pas la mieux placée pour y jouer les faiseurs de paix, puisqu’elle a historiquement plus contribué à la guerre qu’à la paix sur le continent« , juge-t-il.

« Même si sa couleur européenne lève une partie de l’ambiguïté, il ne faut surtout pas que l’arrivée de cette force soit perçue comme une opération de stabilisation du régime tchadien« , abonde Jacky Mamou, le président du collectif Urgence Darfour.


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