Les Brèves de N’djaména: La raffinerie de tous les dangers

Deby avait posé pompeusement la première pierre pour la construction d’une raffinerie par les chinois à N’djamena. On apprend que les asiatiques ont tout simplement donné leur accord de principe, mais il n’y a eu aucune négociation entre les deux parties, ni sur les aspects technico-environnementaux, moins encore sur les aspects financiers.

C’est maintenant que le Ministre du Pétrole accompagné du conseiller du Président se trouve à Pékin pour débuter les négociations. Selon les services du Ministère du Pétrole, la raffinerie serait construite de manière équidistante entre les champs de Sidigui et ceux de Bongor. Un pipe de 300 Km transportera 16000 barils du brut des champs de Bongor jusqu’à Djarmayé, site de la raffinerie ; un autre de 300 Km transportera 4000 barils de brut des champs de Sidigui. La raffinerie traitera donc 20.000 barils par jour. Pour rappel, « l’historique » raffinerie de Sidigui était destinée à traitée un maximum de 5000 barils par jour, qui couvriraient largement les besoins du pays. Entre temps plus 4 plaintes sont déjà déposées dans des tribunaux internationaux, soit contre les Deby, soit contre le Tchad, pour usurpation des biens d’autrui. Il s’agit des individus ou société, arnaqués par Deby dans le cadre de la construction de la raffinerie de Farcha.

Des enfants soldats tchadiens pour le MJE – Au centre d’Instruction de Moussoro, il y a plus de 400 éléments en formation dont 80% sont des enfants de 15 à 17 ans. Le défilé auquel ils prendront part le 10 décembre devant Deby à N’djamena mettra fin à leur formation militaire. Après les cérémonies, ces nouveaux recrus sont sensés d’être repartis dans les différentes régions militaires ou carrément envoyés à l’Est, au front. Selon des informations concordantes de l’entourage de Deby, il n’en sera pas ainsi. Ces enfants sont destinés au MJE, le mouvement rebelle soudanais appartenant à Deby, pour remplacer les nombreuses désertions intervenues au sein de ce mouvement. La présence à N’djamena des chefs militaires du MJE et des nombreux gros camions transport des troupes pour le convoyage, corrobore cette information.

Les infrastructures, la vache à lait des Itno – Sur ce chapitre, tout a été pratiquement dit ; comment Younousmi a mis en place un mécanisme sophistiqué drainant tous les revenus pétroliers vers les infrastructures, càd vers lui et Deby. Les infrastructures, ce sont les routes et les bâtiments. Les routes c’est Daoussa Deby dont l’appétit pantagruélique n’a pas de limite (« yakoul mâ yachba » – mange mais ne se rassasie pas) comme l’appellent modestement les n’djaménois. Younousmi draine tout ce qui concerne les routes vers la SNER, société appartenant à un homme d’affaire soudanais et « nationalisée » par les Deby sans aucune contrepartie. La SNER rafle donc tous les marchés des routes et distribue à des sous-traitants moyennant des grosses commissions. Souvent la société française Satom est la grande bénéficiaire de ce mécanisme. Les appels d’offres, les réunions des comités techniques, la direction des marchés, etc., sont tout simplement des bluffs, destinés à l’UE ou à la BM/FMI. Les bâtiments c’est Deby lui-même, à travers la societé gérée par son propre neveu. Cette même société vient de gagner coup sur coup deux gros marchés : la construction de la nouvelle maternité à Gardolé, coûts estimés à 18 milliards de CFA et la construction des nouveaux bâtiments de l’Université de N’djamena à Walia, coûts estimés à 485 milliards de CFA. Ici il faut faire une petite parenthèse : les 18 milliards CFA pour la nouvelle maternité, représentent une minime partie des 178 millions d’euros que le Roi Abdallah d’Arabie Saoudite a remis à la Cinquième Dame de Deby et un Conseiller. Quant à la grosse partie, à peu près 150 millions d’euros, aucun tchadien n’en a entendu parler.

Beremadji Félix
N’djaména


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