Les Brèves de N’djaména : Un vent mauvais souffla sur la fête et le chapiteau du roi pétrolier

Pour le roi pétrolier IDI, sa fête a failli être belle n’eussent été quelques couacs. Le roi a préparé sa fête de longue date selon les dires de ses proches. Pour ce faire, sur conseil de sa Hinda, il a décidé de mettre sa TV qui ne chante que ses louanges sur satellite à coup de milliards, car il faut porter l’image du grand combattant au delà des frontières du Tchad. Ensuite, il a décalé son 1er décembre au 10.12 pour attendre l’arrivée de toute son armada militaire et montrer ainsi sa force de frappe. Et hop, le ton est donné et arriva le jour J.

D’abord, de ses homologues invités, il n’y a que l’Erythréen Isaias Afwerki qui pointa le nez. Point de Bongo, de Sassou, du représentant du Guide (à défaut du Guide), même pas Bozizé, occupé par son forum avec son opposition. Au passage, on peut dire que celui là est plus malin que son maître. Il a eu l’intelligence d’inviter toute son opposition, y compris Patassé autour d’une table pour palabrer. Passons !

Comme la fête devait être grandiose, IDI a commandé et installé un grand chapiteau dans son palais à l’image des rois pétroliers. Le coût de ce chapiteau avec l’ensemble de son équipement, retenez votre souffre, plus de 500 000 000 f cfa !! On ne s’est pas trompé de zéro. On attend un communiqué de démenti, et vous en saurez plus. A propos de démenti, YSA en a fait l’essai, et n’a plus voulu recommencer, dommage !

Après le défilé du matin, rendez-vous est pris le soir au palais royal et la fête commença. Plus de sept cent invités sous le chapiteau selon le protocole. Hinda a mis les petits plats dans les grands. Tout coulait à flot, on a le pétrole non ! Les « ça va encore, les allaro, massarif mafih », oublions les un instant. C’est le moment de la bouffe. Buvez et mangez à en vomir, car c’est gratis !Alors, il y en a qui se sont pétés la gueule, mais pas ceux qui en ont rarement l’occasion, pas ceux que vous pouvez imaginer.

A la fin de la soirée, qui s’est terminée tard, nombreux sont ceux qui sont sortis, tenus par l’épaule par d’autres un peu plus lucides. Mais il y en a deux à qui l’alcool leur a monté sur la tête. L’un apostropha l’autre en des termes pas très flatteurs, comme s’ils avaient un antécédent. Le premier à dégainer verbalement est Mahamat Ismail Chaibo, le DG de l’ANS en traitant Djibert Younous, ministre de son Etat de tous les mots. On vous en passe de détails. L’autre, prenant son courage à deux mains répliqua. Alors, le super chef Ismail lui envoie un coup de poing sur la gueule. Djibert se relève difficilement avec du sang qui gicle de partout. Et hop s’engage une partie de boxe digne de Cassius. Ismail court dans tous les sens à la recherche d’une arme en criant : « espèce de petit délinquant, je veux t’abattre, qu’est ce que tu représentes, j’en ai envoyé d’autres au ciel……etc. ». Mais les militaires de la sécurité refusèrent de lui prêter une arme. Malgré les agitations de Ismail, Djibert, plein de sang sur ses habits, a, en réponse, randonné l’autre en dehors du palais. Il a fallu une mobilisation des services en charge de la sécurité et des va-et-vient aux domiciles de deux gueules de bois pour mettre un terme à cette bagarre dans la matinée du jeudi. Disons quand ils ont retrouvé leurs esprits !

Les frasques d’Ismail Chaibo sont connues de toute la ville. Cependant, détenant les secrets de son chef, il est devenu incontournable. Il tient Deby par le bout du nez pour lui avoir confié certaines missions délicates. Ismail Chaibo est une des personnes qui connait parfaitement les circonstances de la mort de Ibni et là où il est enterré. Alors dans ces scènes dignes des cercles Deby qui ont fini au petit matin, c’est certainement Djibert qui en fera les frais. Si par hasard, les deux sont renvoyés, ne vous faites pas d’illusion, Ismail reviendra par la petite fenêtre.

Justice, quelle justice ! – De quoi s’agit-il ?

Au pays de Toumai, la justice n’existe que de nom. Et certainement IDI va l’enterrer définitivement. Deby, que beaucoup spéculaient malade, souffre depuis quelques mois de la maladie suivante : le « DeguerpiD ». En soit, pour IDI, c’est peut être pas une mauvaise maladie par les temps qui courent. Alors, certains soirs, IDI, cartes cadastrales à la main, accompagné de deux autres deguerpid fait le tour de la ville, à la recherche des espaces occupées. A chacune de ses sorties, la moisson est bonne et il jubile. Alors, il ordonne et fait exécuter le déguerpissement à tour de bras. Seulement voilà, il s’avère que certains occupants ont en main l’ensemble des documents administratifs, du plan cadastral au titre foncier. Donc de prime abord, propriétaire. Le dernier exploit de notre DeguerpiD est celui de Diguel. Les propriétaires, concernés par ce déguerpissement se constituent en partie civile et portent l’affaire à la justice. La justice donne droit aux propriétaires et suspend la décision de déguerpissement. Rien à faire, le Deguerpid ronge notre roi pétrolier qui rêve selon ses proches, de faire de N’djaména, Koweit City. Seulement, pour les N’djaménois, à l’heure actuelle, son Koweit City ressemble plus aux bidonvilles de Bombay (Inde) et encore !

Alors, les décisions de justice, il n’en a rien à foutre. L’avis du pm, rien à faire, l’assemblée nationale, boîte d’enregistrement et constituée des godillots au service du roi. Les bulldozers du second deguerpid doivent passer seulement, c’est le seul calmant du roi DeguerpiD. Et le troisième deguerpid doit octroyer les marchés à qui de droit. Au roi, on ne refuse rien et tout lui est permis!

On demande à être éclairé. Qui des occupants ou et de l’Etat représenté par ses agents qui ont délivré les documents, a juridiquement raison selon vous ? Indépendamment du jugement porté sur notre roi Deguerpid et des occupants de ces espaces, on attend l’avis des hommes du droit sur ce dossier.

Mahamat Ahmat
N’djaména


Commentaires sur facebook