Les Brèves de N’djaména : La tournée d’adieu d’Idriss

Idriss est en train d’effectuer une révision générale de sa machinerie avant les combats imminents de la saison sèche. Il effectue une tournée marathon dont les mauvaises langues la décrivent comme la tournée d’adieu. Apres Mongo, Goz-beida, Addé, Adré, Bireck, Tiné et le dimanche soir à Iriba, il continuera sur Biltine Abéché, Moussoro, Bol et Faya avant de regagner N’djamena. Fidèle à lui-même, comme un feu de brousse, il a happé tout à son passage : tel préfet ou sous préfet demis, tel Com-région ou régiment destitué, tel griot ou bouffon responsabilisé séance tenante, etc.

Les accompagnateurs ont noté que tous les militaires nommés par son neveu de CEMGA ont été remplacés sans exception. Cela fait suite à une autre décision d’idriss qui est passée inaperçue. Avant de quitter N’djaména, il avait créé un autre nième régiment de protection rapprochée, composée exclusivement de ses parents maternels et dirigé par un de ses fils, éloignant ainsi un petit peu les Itno qui dirigeait jusqu’alors sa protection.

De N’djaména jusqu’à Tine, il entonnait les mêmes refrains : les mercenaires, l’agression soudanaise, le droit de poursuite du Tchad, etc., les litanies habituelles. A Tiné, il s’est directement attaqué au Président soudanais et a demandé aux militaires de poursuivre tout véhicule rejoignant la rébellion, le rattraper et le faire revenir « même s’il rentre dans la concession d’Omar El Béchir ». « Je ne veux plus entendre parler de véhicules de l’ANT emportés par des voyous qui rejoignent les mercenaires », a-t-il conclu. Un démenti cinglant lui a été servi en direct : dès qu’il a fini de débiter, une remue ménage, un grincement des pneus, des cris de guerre et en une fraction de seconde deux véhicules conduits par un Lieutenant-Colonel et Commandant de Bataillon avec leurs éléments se sont retrouvés de l’autre cote du ouadi, en territoire soudanais, bras d’honneur et V de la victoire sous le regard étonné d’Idriss. Ce fut une belle confusion au sein de la troupe.

Mahamat Ahmat
N’djaména


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