Les Brèves de N’djaména : Le Pr Avocksouma avait démissionné

Un événement typique du Tchad d’aujourd’hui a poussé l’ex-ministre de la santé publique à claquer la porte à Deby. Entre Avocksouma et son directeur des affaires administratives et financières, le torchon brulait depuis quelques temps. Le premier n’avait pas du tout gobé la façon dont son DAAF gère le budget du Ministère. Convoqué chez le ministre pour s’expliquer, le DAAF s’était exprimé comme sa situation actuelle lui permet.

Le professeur, tombé de nu par une telle insolence, assaisonnée d’une médiocricité notoire, l’a tout bonnement suspendu. Aussitôt suspendu par arrêté ministériel, aussitôt rétabli par décision présidentielle. Le ministre ne savait pas que le bonhomme est un intouchable (attention, pas dans le sens du terme indien). Avocksouma, en bon Massa initié, ne pouvant pas accepter l’affront, a rédigé sa lettre de démission. 4 jours après, Deby lui répondit par un décret de remaniement. Le gamin qui a causé le départ du ministre répond au nom de Hamid Erda. Ce dernier est un petit alcolo sans le moindre papier scolaire qui a été parachuté à ce poste par ce qu’il a un appui solide. Il n’est pas n’importe qui, il n’est autre que le frère du chef de la Garde rapprochée de Deby, Tahir Erda. Mieux, il est aussi le mari d’une des filles de Deby. Avocksouma doit d’ailleurs se sentir heureux de n’avoir pas connu le même sort que son collègue le perroquet car Hamid Erda se trouve en haut de la liste des présumés assassins de Gani Noussour Bedji. Selon des témoins, son véhicule aurait même servi pour transporter le corps de la défunte de son domicile jusqu’au lieu de la découverte. Le Pr Avocksouma semble être un des rares responsables tchadiens qui reste encore maitre de ses C. C’est la seconde fois qu’il démissionne en s’insurgeant contre les incuries des protégés de Deby ( cf. Article de Banhoudel Mékondo Frédéric de 2007).

En réalité, le Pr semble découvrir une loi désormais générale du Tchad de Deby. Aujourd’hui dans presque tous les ministères, surtout ceux dits prioritaires et qui reçoivent les miettes des revenus pétroliers, ce sont des gamins, parents de Deby, pour la plupart entièrement analphabètes, qui font la pluie et le beau temps ; et les ministres ne font que se soumettre à leurs caprices d’enfants gâtés et intouchables.

Beremadji Félix
N’djaména


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