Les Brèves de N’djaména : Deby revoie sa stratégie

Au lendemain de l’attaque rebelle sur N’djaména en février 2008, Deby avait décidé de ne plus participer personnellement aux combats (oui, il avait eu très très chaud). Miieux, ne plus livrer des combats en dehors de la capitale. Laisser venir les rebelles jusqu’à la périphérie de la ville, les y contenir, loin de leur base arrière, jusqu’à l épuisement de leurs minutions et les cueillir comme des fruits mûrs. D’où les coupures des vieux arbres, creusage de plusieurs tranchées, etc. Mais cette stratégie n’est pas du gout de ses mentors et ces derniers n’ont pas tardé de lui faire savoir. « Plus des combats à N’djaména, contiens tes rebelles là-bas, au besoin on t’appuie ». Aussitôt dit, aussitôt exécuté.

De nouveau, Deby évacua tout son arsenal matériel et humain vers l’est, réoccupa toutes les localités abandonnées : Bireck, Moudeina, Addé, etc. Entre temps, la mauvaise nouvelle est tombée : l UFR est née ! Deby se précipita alors à l’est pour apprécier le dispositif de défense et de planter aussi de passage quelques fétiches sensés de défendre les rebelles de franchir la frontière. Malgré l’apparence, Deby est revenu déçu de sa tournée. Le matériel y est, sans commune mesure, très peu des pays de l’ex AEF ou AOF en possède, mais le moral n’y est pas. Puis, nouveauté très décevant, les défections ont repris de plus bel mais surtout pas celles de la sienne mais celles des autres groupes ethniques. Cela aurait très désagréablement surpris Deby. Alors on revient à la stratégie initiale : défendre N’djaména et y rester.

Le régiment de l’escadron léger basé à Tiné sera désormais redéployé à la captiale, il en sera de même de tous les blindés lourds camouflés dans trous aux différents points de la frontière. Les tranchées autour de Ndjamena, ensablées par la saison des pluies seront dessablées, etc. Les « mercenaires » sont avertis : Ndjamena est infranchissables !

CEMGA, rebelle ??! – En tout cas c’est le bruit que répand de plus en plus l’entourage maternel de Deby, celui-ci prenant de l’importance dans son nouveau dispositif sécuritaire. On se rappelle que ce dernier a créé un nouveau régiment de protection rapprochée composé uniquement de ses parents maternels, repoussant ainsi les Itno un peu vers l’extérieur. Qu’Abderahim Bahar entretient des contacts avec certains éléments rebelles, est un secret de polichinelle. Par contre le déclarer rebelle, c’est une nouveauté. Toujours est-il qu’il est fortement soupçonné ces derniers temps de vouloir « faire quelque chose ». C’est peut être pour cette raison qu’Abderahim est de plus en plus écarté des réunions familiales qui sont devenues nombreuses ces derniers temps. Une source affirme avec force qu’il veut renverser son oncle devenu désormais indéfendable et mettre à sa place son frère, le taciturne Sougour Mahamat Itno, exilé depuis longtemps en Arabie Saoudite comme Ambassadeur. De toutes les manières, rebelle ou pas, le décret de renvoie d’Abderahim de la tète de l’armée gît dans le tiroir de Deby depuis bientôt deux semaines.

Beremadji Félix
N’djaména


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