Les Brèves de N’djaména: L’inévitable et imminent choc

Les forces rebelles et debyennes se regardent en chien de faïence depuis le début du mois. Le choc est inévitablement imminent. Chaque partie suit minutieusement les préparatifs de l’autre. L’UFR a finalisé la composition de ses colonnes, nettoyé et essayé ses nouvelles armes et a fait un pas vers l’intérieur du pays. Deby de son coté a fini de mobiliser tout son monde, exhibé son arsenal, mis en place trois ceintures de défense. Chaque partie entend les bruits des bottes de l’autre.

Ce sera une nième occasion pour le Tchad d’occuper la Une des la presse internationale ; des journalistes et des pseudo journalistes vont déferler sur le Tchad, les images du Tchad vont passer en boucle sur les écrans des TV du monde, des « spécialistes » du Tchad, des opposants, des pseudo opposants vont occuper les antennes des Télés et radio. Une fois que les tchadiens se seraient proprement entretués, alors on zappera le Tchad. Cette calamité s’abattra sur le Tchad à cause d’une seule personne, aidée en cela par ses nombreux appuis occasionnels. Le dictateur de N’djaména a décidé de conserver éternellement le pouvoir par la force et la violence, contre la volonté unanime des tchadiens. Que les tchadiens aient massivement boycotté le referendum qui le sacrifiait Président à vie, qu’ils aient encore plus massivement boycotté le simulacre d’élections qui le consacrait Président à vie, le dictateur n’en a cure. A ceux qui résistent à cette dictature par les armes, il leur ferme toute porte des vraies négociations et n’exige que des ralliements purs et simples.

Aujourd’hui, tout est prêt de deux cotés pour un choc frontal meurtrier. L’armement aligné de part et d’autre de la ligne de front est impressionnant. Les moyens d’une rébellion et d’un Etat ne sont pas du tout comparables ; mais malgré cela, les rebelles n’ont jamais été aussi décidés et déterminés que maintenant pour en découdre. Ils affirment pouvoir aligner 20000 combattants mais les ressources indépendantes parlent de 12 à 15 mille personnes, c’est déjà beaucoup. Exceptés les avions et les chars chenilles, la rébellion dispose les mêmes armes que les forces gouvernementales puisés des entrepôts gouvernementaux. Mieux, selon nos informations, certaines armes que la rébellion possède, les forces de Deby n’en n’ont pas ; aux « Milan » français emportés par des déserteurs, il faut ajouter les « 9M-113 » et « 9P-135 », armes extrêmement puissantes et précises nouvellement acquises. Le moral très haut des combattants de l’UFR contraste fortement avec la démobilisation de la soldatesque d’en face. Face à la nonchalance des forces de Deby, les rebelles montrent un moral de fer et une cohésion politique et militaire jamais atteintes jusqu’à maintenant. La rébellion est en hausse, En face, Deby, en baisse, aligne tout ce que l’Etat possède des militaires, para militaires avec tout l’armement qu’il s’est procuré avec les revenus pétroliers. Ainsi tout est prêt pour le choc frontal et meurtrier avec ses cohortes de désolations : les ndjaménois vont fuir massivement vers la ville camerounaise de Kousseri, les hôpitaux tchadiens vont se remplir des blessés, les bâches vertes vont êtres hissées dans les différentes concessions (« places mortuaires »), du moins chez les proches de Deby qui apprendront la mort des leurs en temps réel, tandis que les autres tchadiens n’apprendront rien du destin funeste des leurs, les opposants politiques tchadiens seront traqués, assassinés, etc.

Tout cela arrive sous le regard insouciant de la communauté internationale. Le Président de la Commission de l’UA, de surcroit de l’Afrique centrale, et qui connait parfaitement les problèmes tchadiens pour avoir géré personnellement plusieurs dossiers, ne pipe mot. Plus tard quand les événements auront déclenché, on l’entendra évidemment tonner sur toutes les radios et télés que l’AU est contre la prise du pouvoir par les armes !! Et la confiscation du pouvoir par les armes, M. PING ?? Et la France dans tout ça ? Entre le Tchad, les tchadiens et Deby, la France a malheureusement choisi Deby, au grand dam des tchadiens. Deby ne peut tenir un jour sans l’appui multiforme de la France. La France, seule ou sous le couvert de l’UE a cautionné toutes les malversations et manœuvres politiques et économiques de Deby. La haine viscérale vis-à-vis du Soudan et généralement de tout ce qui vient de l’est n’explique pas ce soutient tout azimut, moins encore les intérêts de l’Etat français au Tchad. Entre Deby et le régime actuel français, il existe des intérêts particuliers pour nr pas dire mafieux. Plus que le président français, c’est Kouchner l’homme de Deby.

Médecin de son état, va-t’en guerre forcené au quotidien, Kouchner peut voir mourir tous les tchadiens sans lever le petit doigt pourvu que Deby en sorte vivant. Et pourtant, la France a toutes les cartes en main pour montrer au dictateur la voie de sortie, éviter ainsi l’effusion de sang et contribuer à l’avènement d’un Etat de droit, avant qu’il ne soit trop tard. Elle en gagnerait beaucoup et les tchadiens lui seront éternellement reconnaissants.

Beremadji Félix
N’djaména


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