Les Brèves de N’djaména: Spéculation immobilière (suite) – La rue des belles feuilles deviendra t elle la rue des feuilles mortes?

Un bel immeuble du 16ème arrondissement de Paris abrite l’Ambassade du Tchad. Acquis ou octroyé à la veille de l’indépendance, le bâtiment a servi très souvent de résidence et de chancellerie. Cela a largement contribué à la dégradation de l’état général de l’immeuble et même occasionné des confusions des genres. Premier constat : l’ambassade n’a pas de parking. Un visiteur de marque doit faire le tour du quartier pour se garer avant de taper à pieds jusque l’Ambassade.

La cave de l’immeuble est un véritable dépotoir. Les effets des anciens diplomates, ceux des étudiants ayant fini leurs études sans moyens de pouvoir rapatrier leurs effets personnels y jonchent. Certains ambassadeurs avaient transformé l’ambassade en village africain : des rares chambres occupées par des nombreux parents souvent oisifs, lesquels parents perdaient leurs temps en passant d’un bureau à un autre, indisposant ainsi les diplomates qui travaillent. Sans parler des enfants et leurs jouets occupant les escaliers toute la journée de travail. D’autres ambassadeurs avaient carrément laissé leurs épouses diriger l’ambassade au grand dam des collaborateurs. L’immeuble a donc connu l’effet conjugué de toutes ces intempéries. En mal d’entretien et de réfection, il tombait en ruine et Deby de penser le bazarder en catimini au Maire ou à la mairie de Levallois, c’est selon les versions; mais l’opération a capoté pour une raison qu’on ignore encore. L’actuel locataire de l’immeuble de la rue des Belles Feuilles n’est pas un parent de Deby et probablement non plus un griot invétéré même s’il lui arrive d’emprunter le langage ordurier des bouffons de Deby en traitant les résistants à la dictature de Deby, des mercenaires. Pire, ce locataire est du groupe arabe, comble de malheur, il est d’Abéché donc il a pu être proche d’Adouma Hassaballah ou même de Timan Erdimi. Ainsi son excellence a tous les défauts pour ne pas avoir les faveurs de Deby. Conséquence logique, les pétrodollars refusèrent obstinément d’emprunter notre célèbre rue, à la différence des ambassades de Washington, NY, ou même celle de Bruxelles ou un prêtre reconverti dans la délation des opposants et qui a les faveurs du Grand Chef, fait office d’Ambassadeur.

Aux insistances de son Excellence, Deby répondit qu’il a besoin d’un devis estimatif lequel lui fut remis immédiatement. Coûts : 1 milliards de CFA. Des minettes pour Deby. Mais celui-ci fila le devis à Bouygues en échange des marchés fictifs qu’elle bénéficiera au Tchad. On était dans ces tractations mafieuses quand l’hiver arriva. Intenable, la chaudière était en pane et on demande 5 cent mille euros pour la réparer. Alors tout le monde évacua l’immeuble. Son Excellence est parti squatter un petit appartement (F2) qui appartient à la Cotontchad, tandis que les diplomates sont repartis dans les HLM de Levallois, de Courbevoie, etc.

Quant à l’immeuble de la rue des belles feuilles, il attend impatiemment d’être squatté par des gens plus nécessiteux : les SDF, avant d’être démoli par la Mairie de Paris pour salubrité publique.

Beremadji Félix
N’djaména


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