Les Brèves de N’djaména: Le sauve qui peut des Deby

Deby empêche les tchadiens d’aller chercher un toit de sécurité en dehors de N’djaména. Les plus particulièrement visés sont les simples citoyens qui traversent le fleuve en direction de la ville camerounaise de Kousseri. Pourtant entre temps tous les caciques du régime mettent leurs parents à l’abri des éventuels bruits des obus à N’djaména : la France est la première direction, suivie de l’Afrique de l’ouest, de l’Egypte, etc. Les derniers à évacuer leurs familles sont les Deby eux-mêmes.

Un grand ouf de soulagement des douaniers et des transitaires a accueilli le départ des sœurs de Deby qui ont pris en otage les Douanes du Tchad. Elles viennent de débarquer à Paris avec toutes leurs suites, à la Porte de maillot, s’entasser dans un petit appartement appartenant à un homme d’affaires tchadien mais confisqué depuis par les Deby. Qu’ils sont forts ces Deby! Même en France, ils ont droit sur les biens des tchadiens. Après les sœurs, ce sont les ex épouses qui ont pris le même chemin. Une autre troupe a atterri aux USA, accueillie par l’Ambassadeur, le beau fils. Quant aux nombreux enfants des différents Deby, ils s’agglutinent dans un immeuble de plusieurs dizaines des chambres à Carthage, Tunis.

Deby, à la recherche des oncles perdus – Un groupe des cadres civiles et militaires a demandé audience et a été reçu par Deby. Objet de l’audience, les visiteurs veulent savoir les raisons de l’incarcération du vieux Tchou Koura, arrêté par l’ANS et depuis, sans nouvelles. Deby a évacué la question de Tchou Koura en une minute : « Tchou est un parent, mais il est un grand rebelle, alors laissez-le là où il est ; il n’a ni faim ni soif. Il est l’animateur principal du réseau rebelle de N’djaména ». Et à la surprise pour ne pas dire stupéfaction des visiteurs, Deby les interpella en ces termes : «  vous, vous êtes mes oncles maternels, n’est ce pas ? Qu’est ce que vous êtes en train de faire pour m’aider, où êtes vous ? Qu’est ce que vous êtes en train de faire pour aider un neveu en difficulté ? Pourquoi tous mes oncles m’ont fui ? Est ce que je suis moins nanti que les Timan, Nouri, Abakar Tolli, dans ce domaine ? Dans la situation actuelle, regardez ce que font leurs oncles pour les aider et ce que font les miens, etc., etc. ». Une longue litanie complètement étrangère à Deby. Effet de surprise passé, les visiteurs ont écouté religieusement les jérémiades de Deby jusqu’à la fin et lui ont promis qu’ils transmettront le message à qui de droit.

Les visiteurs ont donc réuni « les oncles maternels » de Deby chez Zakaria Berdeï, en présence d’Adoum Diar le mercredi 15 avril, pour donner une suite aux sollicitations et appels de pied de « leur neveu ». Quelques constats. Ces jérémiades ne méritent pas d’être contées si ça ne dénote pas l’état d’esprit ambiant chez les ténors du régime : Deby est complètement aux abois ; tel un naufragé, il cherche à s’accrocher à n’importe quelle branche, sinon ce n’est pas du tout propre à Deby, de solliciter le service de quelqu’un, de demander une aide, de paraître en situation de faiblesse, mieux, selon les commentaires de ces mêmes visiteurs, l’entendre parler des oncles maternels, c’est du jamais entendu. Pour lui, jusqu’à ce jour, tout le monde est à son service. Par ces déclarations, il réaffirme une constance : la privatisation de l’Etat pour son propre et unique compte.

Son armée et les institutions de la République ne comptent que s’ils défendent ses intérêts personnels, à défaut il faut recourir aux parents ! Enfin, les oncles maternels, aussi nombreux qu’ils soient comme ceux de Deby, deviennent très certainement rares et même invisibles dès lors qu’on ne commence à s’intéresser à eux ou à les chercher qu’à partir de 60 ans révolus. Un peu trop tard n’est ce pas ??

Les Conseils de Kouchner à Deby : Solution à l’ivoirienne – Selon l’entourage de Deby, Le Ministre français des AE monnaye l’appui à Deby contre les espèces sonnantes et trébuchantes, sans aucune pudeur. Selon le même entourage, Kouchner a suggéré à Deby de ne pas se fatiguer dans des combats à l’intérieur du pays difficilement gagnables, vu l’état d’esprit de son armée. Selon BK, il faut plutôt renforcer la défense de N’djaména et tenir bon au moins 48 à 72h après le déclenchement des hostilités, le temps nécessaire pour la France de mobiliser la communauté internationale, imposer un cessez le feu et mettre en place une force d’interposition. Le reste ce sera du déjà vu.

Mahamat Ahmat
N’djaména


Commentaires sur facebook