Les Brèves de N’djaména : Divertissement à la Deby

Au Tchad, pendant la saison des pluies, toutes les activités publiques et privées sont au ralenti. Comme Deby pense ou espère que rien ne bougera d’ici la fin des pluies à l’Est, il a concocté plusieurs projets de divertissement des ouailles Zaghawa, histoire de les occuper jusqu’à la fin des pluies. Premier acte : chasser les familles des rebelles de leurs maisons. C’est de la DDS tout craché. On se rappelle que Habré avait rasé les maisons des zaghawa à Farcha en plein mois d’avril, 50° à l’ombre et surtout en plein mois saint de ramadan ; Deby, lui a choisi la saison des pluies pour le faire. A l’annonce de la nouvelle, les rebelles ont tout simplement ricané en ajoutant « qu’il n’a qu’à prendre non seulement les maisons mais les terrains (la terre) et les vendre au marché de N’djaména » !

Second élément de divertissement sorti de la manche de Deby, la guéguerre entre deux proches de Deby, « les Généraux » Mahamat Ali Abdallah et Ismaël Mahamat Chaibo. Le premier est un compagnon de route de Deby et probablement l’un des rares sinon le seul à être resté longtemps avec Deby. Malgré les humiliations, les calomnies qu’il subit constamment de la part de son patron il lui est resté toujours fidèle. D’ailleurs le microcosme zaghawa n’avait pas du tout compris, ni apprécié son limogeage du gouvernement. Deby a beau faire des gestes à l’endroit des proches de Mahamat Ali (parmi les derniers promu zaghawa aux finances, 5 sont de la famille de Mahamat Ali), le mécontentement n’a pas cessé de grandir. Alors Deby de les et leur tenir ce langage : «  vous savez, Mahamat Ali c’est mon compagnon, je l’aime parce qu’il ne m’a jamais trahi, il m’est toujours resté fidèle, c’est pourquoi, je l’ai toujours responsabilisé même s’il n’a pas été à la hauteur de certaines tâches. Depuis les événements de févier 2008 (l’attaque de N’djaména par les rebelles), son nom est cité comme premier responsable de l’assassinat d’Ibni Oumar ; Mahamat Ismaël Chaibo qui détient toutes les informations est venu dernièrement me voir pour me dire que Mahamat Ali ne peut plus faire partie du gouvernement car il sera poursuivi par toutes les ONG des droits de l’homme. Moi je suis un homme de parole et de fidélité, je n’abandonne jamais mes compagnons, ce sont eux qui m’abandonnent souvent. Mais Mahamat Ali est indexé par la communauté internationale comme le premier responsable de la mort d’Ibni Oumar, on ne peut donc pas le garder dans un gouvernement. Je vais d’abord l’aider à se soigner et après je le nommerai à un poste moins exposé ».

Ayant bu comme du coca les paroles de Deby et après l’avoir remercié de mille courbettes de sa bonté et de sa bienveillance envers Mahamat Ali et sa famille, le groupe pique directement chez le Sultan Ali Abdoulaye Sabre, l’oncle de Mahamat Ismaël Chaibo. La troupe ne passe pas par quatre chemins, « nous venons de chez le président et il nous a dit de vive voix que c’est Mahamat Ismaël Chaibo qui est derrière le limogeage de Mahamat Ali et qu’il cherche même à l’assassiner. Si même une épine pique ou un moustique pique Mahamat Ali, Chaibo saura de quel bois s’échauffent les gens de Koba (le village de Mahamat Ali)». Depuis, ce sont des réunions des deux familles qui s’enchainent chez tel notable, tel ministre ou tel sage sous le regard amusé et hilare de Deby.

Aux dernières nouvelles on apprend que Deby a discrètement envoyé une colonne fouiller le village de Mahamat Ali à la recherche des armes. Selon la rue zaghawa, c’est son ex chauffeur et ex garde de corps, « Com Pang », qui aurait filé l’info à Deby. Abdoulaye Com Pang, dont Tchadactuel avait cité en son temps comme un des témoins oculaires de l’assassinat du Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh, a également raconté à Deby tous les complots ourdis par des zaghawa autour de Mht Ali contre lui et lui a filé les noms de ceux qui constituent le réseau. Le relèvement d’Abou Sitte du commandement de la région militaire d’Abéché en est d’ailleurs une conséquence. Il semble que Deby a une bonne liste des zaghawa complices de MAA.

Paniqué, Deby avait voulu frapper fort, mais sa famille l’a dissuadé : « il faut prendre en mains les zaghawa et isolé complètement MAA », l’aurait conseillé ladite famille. C’est l’une des raisons de l’inondation des administrations financières par des jeunes Z diplômés et non diplômés et cette histoire montée de toute pièce par le même Deby, « c’est Chaibo qui veut la peau de Mahamat Ali ».

Mahamat Ahmat
N’djaména


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