Les Brèves de N’djaména : Mahamat Ali Abdallah a intérêt de dire la vérité, toute la vérité

Lors de sa visite à un Mahamat Ali presque mourant, Deby a eu l’idée débile de lui coller sur le dos l’assassinat d’Ibni Oumar, convaincu que Mahamat Ali est sur le point de non retour et un mort ne peut plus se justifier. Depuis, il a donné des instructions à la Commission d’enquête d’orienter celle-ci dans ce sens ; mais Mahamat Ali a « le nez dur ».

Contrairement à ce que Deby pensait et/ou souhaitait, Mahamat Ali a recouvert sa santé et est en train de mettre en péril le schéma diabolique de son Chef, alors ce dernier s’acharne sur lui. Demis de son poste ministériel, il est pratiquement mis en résidence surveillée ; Deby cherche à l’isoler et le marginaliser au sein de sa propre famille. Dernière épisode, le recours à l’ANS pour une élimination physique.

Deby sait que beaucoup du monde attend le résultat des travaux de la Commission d’enquête, même si ladite Commission est au service de Deby. Tôt ou tard Deby sera interpellé sur ce dossier par l’UE, la France et les organisations des droits de l’homme et il faut un bouc émissaire. Deby ne ratera aucune occasion pour précipiter « le départ » de Mahamat Ali. Tout le mécanisme est en place. C’est pourquoi, Mahamat Ali doit prendre son courage à deux mains pour dire toute la vérité sur les circonstances exactes de l’assassinat d’Ibni, révéler les exécuteurs, le commanditeur étant connu, ainsi que le lieu où le corps a été jeté. Par son silence, Mahamat se confirme complice de l’assassinat d’Ibni, par contre s’il parle et révèle la vérité, l’opinion tchadienne lui trouvera probablement des circonstances atténuantes « le jour des comptes rendus ».

Mahamat Ahmat
N’djaména


Commentaires sur facebook