Les Brèves de N’djaména : Deby se permet, le Soudan réagit

Qu’est ce qui s’est passé la semaine dernière entre l’armée tchadienne et l’aviation soudanaise. Une chose est sûre : le premier a subi, le second a agi et les deux se taisent. Mais dans cette zone frontalière, il y a tellement de téléphones satellitaires que tout crépitement est relayé en un laps de temps par les ondes à travers le monde. Tout a commencé lorsqu’un certain Charoune a voulu rerallier le MJE.

Le sieur était un lieutenant du Dr. Khalil et d’origine Massalit, donc de la région d’Elgineina. Il y a de cela quelques temps, il a coupé court avec son chef et négocié avec le gouvernement soudanais. Mais conscient de la labilité de son ex-subordonné, Khalil a suggéré à Deby de le « racheter ». Le coût n’étant pas très élevé, ce dernier a donné son accord et les tractations ont commencé pour que Charoune revienne au Tchad et rejoindre le MJE. Ainsi, la semaine dernière, tout devrait rentrer dans l’ordre, Charoune ayant fait signe à son ancien chef de vouloir être récupéré dans un lieu précis. Une brigade mixte ANT/MJE, dirigée par un colonel de l’armée tchadienne répondant au nom de Barkai Hamid, a été constituée pour cette fin. Une dizaine de véhicules bourrés d’homme armés a traversé la frontière tchado- soudanaise pour escorter le nouveau-ancien rebelle jusqu’à la base du MJE à Am-Djarass.

Malheureusement pour le duo Deby/Khalil, les choses ne se sont pas déroulées comme elles devraient l’être. Le gouvernement soudanais, ayant eu vent du revirement de Charoune, suivait de près ses déplacements. D’autre part, bien que les éléments de Barkai aient pris de minutieuses précautions pour ne pas être repérés, leur mouvement était surveillé dès leur passage de la frontière. Les soudanais ont donc attendu que les deux groupes se rencontrent avant de donner l’ordre à leurs forces aériennes d’entrer en action. Les bombardements qui ont suivi ont fait plusieurs morts et des véhicules incendiés. Le chef d’opération a été grièvement blessé et transféré dare-dare à N’djaména. Les rescapés se sont dispersés et beaucoup à pieds dont Charoune. On parle des prisonniers faits par l’armée soudanaise. Peut être que cet incident explique le retard qu’a pris la visite annoncée par Deby de Moussa Faki à Khartoum.

Beremadji Félix
N’djaména


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