Les Brèves de N’djaména : Deby, pousse-t-il Mahamat Nour à la rébellion ?

Deby/Mahamat Nour – Deby pousse-t-il Mahamat Nour à la rébellion ? En tout cas, beaucoup d’éléments tendent à affirmer par oui à cette interrogation. Ces derniers temps, la campagne de dénigrement, de calomnie à l’égard du Ministre de la défense s’est intensifiée. Cette campagne est orchestrée par le DG de l’ANS, qui s’était rapproché un petit temps dudit Ministre.

Il semblerait que ce rapprochement faisait partie du plan de liquidation physique ou politique de Mahamat Nour. Ensuite, depuis la semaine passée, Deby et ses proches ont contacté pratiquement tous les cadres militaires de Mahamat Nour pour leur proposer toutes sortes d’avantages, à condition d’abandonner leur Chef. Pour foncer le clou, Deby a ordonné au Gl GOG (proche du Ministre) de conduire tous les éléments de Mahamat Nour au CI de Moussoro. GOG n’a pas répondu à cet ordre ; on attend de voir comment Deby va réagir à ce refus d’obéir. Les premiers éléments du Ministre de la Défense formés au CI de Moussoro sont présentement cantonnés à Massaguet. Désarmés, Deby aurait donné des instructions pour qu’on ne s’occupe plus d’eux. Mal nourris, mal logés, ces éléments ont commencé à grogner ; Deby leur a envoyé un émissaire, un ex du FUC, Abdoulaye Sarwa, à qui les éléments se sont violemment pris. On attend la réaction de Deby.

Pourquoi, Deby cherche des poux sur la tête de Mahamat Nour, alors que celui-ci semble rester fidèle aux accords qu’il a signés avec lui ? Tout peut arriver dans les jours qui viennent tant la tension est très vive à Guéréda, Mongo et Goz-beïda. Selon nos informations, le comportement de Deby et de ses proches est dicté par le fait qu’ils soupçonnent fortement Mahamat Nour de bénéficier le soutien du Leader libyen. Ceci est corroboré par plusieurs canaux différents. Il y a du froid entre Deby et son eternel protecteur depuis le boycott par Deby des négociations de Tripoli.

Deby en Chine : la moisson est maigre – La RPC n’est pas Taiwan ; elle ne souffre d’aucun complexe identitaire. La RPC existe, puissante, membre avec droit de veto des NU. Elle n’a pas besoin de brasser des milliards en échange de sa reconnaissance. Selon les confidences des membres de la délégation présidentielle, l’enthousiasme de Deby a été fortement tempéré par la prudence des chinois. Selon les mêmes sources, Deby a voulu « donné le Tchad aux chinois », mais ceux-ci n’étaient pas preneurs. Mais beaucoup de la paperasse a été signée. Deby, qui a été toujours émerveillée de la façon dont le pipeline soudanais a été construit et le pétrole exploité, comparé « aux couleuvres que la BM lui a fait avaler », a voulu reproduire le même schéma au Tchad. C’est pourquoi pratiquement tout le Ministère du Pétrole a fait le déplacement, appuyé par les conseillers officiels et officieux et des ceux qui se sont spécialisés dans les transactions mafieuses des permis pétroliers. Deby qui semble ignorer la force du droit international, a demandé aux chinois de prendre les champs pétroliers de Doba ; car, selon Deby, le consortium aurait déjà récupéré ses dépensés et sa marge bénéficiaires. Les chinois auraient repoussé poliment l’offre. Par contre les chinois ont demandé le statut juridique du projet Sidigui, ils sont au courant que ce projet appartient simultanément à plusieurs entités : l’homme d’affaire soudanais El djarnibi, le groupe CPC, les frères Cohen, etc. Chacun de ses groupes a intenté un procès contre le Tchad, alors les chinois auraient demandé des garanties que Deby s’est pressé de leur accorder : le Tchad apporte 40% du financement, toute sorte d’exonération pendant dix ans, les produits de la raffinerie sont achetés par le Tchad par la méthode de « take and pay ». En d’autres termes, que le Tchad ait besoin ou non de ces produits, il a l’obligation de les acheter. Et enfin le Tchad va très rapidement clarifier la situation juridique du Projet Sidigui. Par ailleurs, les chinois ont la priorité absolue pour avoir les permis de recherche du pétrole et des minéraux solides sur toute l’étendue du territoire. Il en est de même pour les travaux publics. Bientôt les entreprises chinoises vont concurrencer les SATOM et autre SNER, avec moins des commissions, bien sûr. Quant aux chinois, ils ont promis qu’ils vont mettre le Tchad dans l’orbite du 21ème siècle, à condition que Deby ne fasse plus des va-et-vient entre le Continent et l’ile rebelle, ce dont IDI a juré publiquement. Mais que vaut le serment d’IDI ? C’est aux chinois de le découvrir.

Deby/MJE : les dissidents du MJE auraient roulé Deby dans la farine – Selon des sources proches du MJE, les personnalités dissidentes du MJE qui s’apprêtaient avec l’assistance massive de Deby de déposer Dr Khalil Ibrahim ou créer un MJE bis, auraient finalement décidé de rallier le gouvernement soudanais. Après avoir obtenu des véhicules et suffisamment des fonds financiers, et promis à Deby d’effectuer un recrutement massif dans le milieu zaghawa tchadien, le groupe de Bahar Aboukarda et Abdallah Banda, ont pris contact avec le gouvernement soudanais par l’intermédiaire de Minni Arkou Minnawi, l’autre rallié. Selon les mêmes sources, les démarches pour le ralliement a été initié longtemps mais gardées secrètes. Présentement le groupe de Bahar aurait été accueilli par les éléments de Minni Arkou et se trouverait au Sud Darfour.
Négociations de Tripoli – Malgré le boycott des négociations par le pouvoir de Deby, les groupes armés continuaient de séjourner à Tripoli sur insistance des libyens. Ce vendredi 28 septembre 2007, tout le monde a regagné son camp, à l’exception de d’une personne par groupe. Les libyens qui ne démordent toujours pas, auraient envoyé une délégation à N’djamena rencontrer Deby et ont insisté pour que quelques uns des membres des délégations des rebelles restent pour prendre connaissance de la dernière position de Deby.

Beremadji Félix
N’djaména


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