Les Brèves de N’djaména : Deby redécouvre la langue arabe (1ère partie)

Deby vient d’imposer l’arabe total et intégral au Tchad, encore une nouvelle trouvaille ! Mais quelle mouche a piqué ce M. pour qu’il redécouvre les vertus de la langue arabe ? Lui-même n’étant pas arabophone, ni arabophile mais fortement arabophobe, pourquoi prend-t-il des décisions qui divisent les tchadiens. Quelles sont les motivations de Deby ? Amour de la langue arabe ? On ne le pense pas.

On se rappelle de la campagne exécrable et xénophobe développée par Deby et ses bouffons à l’encontre de la communauté arabe tchadienne qualifiée de djandjawids, apatride, vecteur de propagation de l’arabisme et de l’islamisme, au service de l’étranger, etc. Cette campagne a été suivie d’une exclusion totale des cadres arabes de la gestion de l’Etat. Il est même arrivé qu’il n’y ait aucun membre politiquement représentatif de cette communauté dans les gouvernements de Deby, une première dans l’histoire. « L’anti arabe est porteur », ronronnait un des thuriféraires de Deby. Campagne suivie par un rapprochement de Deby avec des milieux fortement hostiles à l’islam et par ricochet aux pays arabes : Eufor, la gestion et toutes les infrastructures d’écoute installées à Amdjeress, etc. Nous avions vigoureusement dénoncé cette politique jusqu’à ce que certains nous demandent « quels objectifs poursuivions nous et pourquoi ce « zèle de défendre l’arabe !! » Deby a-t-il fait le mea culpa de cette politique ? Pas du tout ! Il a tout simplement tempéré l’élan ayant constaté de l’adhésion quasi nulle des tchadiens à cette campagne et de son isolement et rejet total par les pays arabes.

Manœuvres politiciennes pour les élections à venir ? Très peu probable, car Deby n’a pas besoin des arabes, ne des beris, ni des bananas et autres Sara ou kanembus pour se faire élire : il est déjà élu et il a la majorité absolue au parlement aux prochaines élections. Déjà.

Le cercle restreint de Deby voit dans l’intérêt brusque de la langue arabe par celui-ci, les conséquences directes du pacte Deby – Khalil Ibrahim, le patron du MJE. Ces deux sont liés par un pacte à long terme : Deby va aider le Chef du MJE à prendre le pouvoir au Soudan et les deux pays noueront des relations privilégiées (fusion ??) ; dans le cas où cela ne marche pas, « tu seras mon second au Tchad », avait promis Deby. C’est paradoxal comme attitude de la part de Deby. D’un coté, il se présente aux yeux de l’occident comme le rempart contre l’islamisme rampant ; selon Deby, sans lui, l’islamisme va se déverser sur toute l’Afrique par le couloir de l’Est ; de l’autre coté il pactise avec la branche la plus rétrograde des mouvements islamistes soudanais. Toujours est-il qu’en attendant que le MJE prenne le pouvoir à Khartoum, ses cadres et sympathisants seront affectés dans l’administration tchadienne dans le cadre de la nouvelle politique de Deby vis-à-vis de la langue arabe.

Quels que soient les motifs, Deby a tort de s’amuser avec cette fibre très sensible et qui est le facteur principal de division entre les tchadiens.

La seconde partie, le mercredi

Beremadji Félix
N’djaména


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