Les Brèves de N’djaména : Le perroquet national et les 40 aides de camp voleurs

Les aides de camp de Deby ont toujours su tirer profit de leur proximité avec le chef. A l’instar de ses ministres, Deby changeait et les remplaçait comme ses culottes. Ainsi rares sont ceux qui ne se sont pas enrichis d’une manière ou d’une autre avant de laisser la place au suivant. Les techniques et méthodes différaient mais le but final était de garnir sa poche.

Dans les années 1990, ils n’étaient pas très avancés dans leur pratique. Deby les utilisant pour remettre des sous à tel membre du clan, ou calmer tel récalcitrant ou même un opposant rallié, alors ils profitaient pour empocher une partie de la somme. Le bénéficiant ne connaissant pas la somme initiale, et n’ayant aucun moyen de s’en renseigner, cette méthode était l’une des plus efficaces. Les destinateurs ont souvent éveillé des soupçons car les sommes reçues n’étaient pas rondes ou sont en de ça de ce qu’ils attendaient. D’autres méthodes plus performantes se sont succédé et les dernières ont pris des allures criminelles.

Nouveaux événements créent de nouvelles astuces et tel fût le cas lorsque Deby a ordonné le déguerpissement des familles de rebelles de leurs demeures. Le perfectionnement s’est suivi lorsque le même Deby a chassé après l’attaque des rebelles en février 2008, ses parents habitant le quartier européen de N’djaména. Une lutte acharnée a alors commencé sur les villas vides. Beaucoup ont été rénovées et louées à des entreprises étrangères ou des expatriés. Le loyer va naturellement tout droit à la poche des membres du clan Itno. Les aides de camp de Deby ont étendu l’idée de leur chef et allaient voir quelques personnes qui habitent encore quelques villas gouvernementales et leur disent tout bonnement : «le président a dit que t’as 4 jours pour libérer la concession ». Ordre du Président, on l’exécute. Le commun de mortel n’est pas en mesure de vérifier un tel ordre. Nos aides de camps récupèrent la maison, la retape et la loue. Si la personne ne s’exécute pas au délai prévu, le perroquet national est contacté et on lui dit que l’ordre vient du chef de l’état et il doit envoyer des policiers pour chasser les occupants de telle villa. La bande s’est quand même cassée le nez deux à trois fois en voulant s’octroyer l’habitation de quelques individus qui se sont montrés très coriaces et la nouvelle est tombée dans l’oreille de Deby.

Dernièrement, les choses se sont empirées lorsque l’équipe formée par l’aide de camp Hissen Brahim Mahamat Itno et Ibrahim Souleymane dit « Ibrahim Allawahid » a falsifié la signature de Deby pour élargir leur champ de chasse. Bachir était une fois de plus l’exécutant. Lorsque son chef demanda sur quels ordres il a agi, Bachir sorti le document signé et le présenta à Deby. Deby qui cherchait une occasion de se débarrasser de certains aides de camp et autres gardes rapprochés pour leur connivence avec ceux qui spéculaient sur la maladie du Chef, est tombé ainsi sur une occasion en or. Il en fit une pierre deux coups. Les aides de camp, dehors. On a attend de nouvelles nominations, d’autres escroqueries avec.

Beremadji Félix
N’djaména


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