Les Brèves de N’djaména : Cynisme et Chantage au Debyland

Deby est en train de raser N’djaména et veut faire de la Capitale tchadienne la perle de l’Afrique centrale. Tant mieux ! A la faveur de cette opération, il a mis dans les rues de la ville des milliers de familles en pleine saison des pluies sous le soleil de l’ «t» tchadien à l’approche du mois de ramadan. Les expulsés sont pour la plupart ses propres parents qui squattaient depuis longtemps les maisons de l’Etat ou des particuliers avec l’accord tacite du même Deby, à l’exception des habitants traversés pas « Charya El Dour » ( la rue de la méchanceté), celle qui va de la place d’indépendance jusqu’au croisement rue El Nemeyri/avenue Pompidou.

C’est après les avoir mis dans la rue que Deby a demandé au service de cadastre d’octroyer des parcelles de terrain aux sinistrés, quelque part en dehors de N’djaména. A une condition. Pour avoir droit à une parcelle, il faut présenter sa carte d’électeur !! C’est chichement malin, car le recensement électoral étant boycotté par la quasi-totalité des tchadiens, une façon certe cynique mais maligne de rouvrir la campagne de recensement. Et où trouver la carte d’électeur ? Chez tel cacique du pouvoir, au tel bureau du MPS, chez tel chef de fil, etc. Et les pauvres sinistrés de parcourir les rues de N’djaména à la recherche des cartes d’électeurs, certains avec leurs effets sur la tête. C’est une image très désolante. Mais au Debyland…

Qu’y a t il derrière la suspension du Chef de Canton Annakaza ? Selon nos informations, à la suite des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville de Faya, la Libye et le Soudan avaient secouru les populations sinistrées par l’envoi des aides. 3 gros porteurs libyens et 4 soudanais auraient atterri à l’aéroport de Faya. L’aide a été semble-t-il massive. Dans un pays où il n’y aucune structure d’urgence ou de secours et qui n’a aucune expérience en la matière malgré les nombreuses calamités naturelles, il fallait s’attendre à ce que les choses traînent au détriment des sinistrés. Est-ce la raison du courroux de Deby ?

Selon nos infos, Deby était en rage parce que, contrairement à ce qui a été décidé avec les autorités libyennes et soudanaise, l’aide est passée directement sur Faya au lieu de passer par N’djaména. Ayant appris cela, il était rentré dans une colère verte et a accouru à Faya. Sur place, au lieu de sagement écouter le rapport des autorités sur la façon dont l’aide est distribuée et surtout les difficultés rencontrées, Deby se fia aux calomnies d’un certain groupe qui s’est depuis longtemps autoproclamé partisan indéfectible et qui mène une campagne très malsaine contre un autre groupe. Il écouta donc ses partisans et sa colère redoubla. Le Chef de Canton Annakaza est immédiatement suspendu. On rappelle que le Chef de Canton est le beau père de Deby.

Pour des raisons non prouvées ni vérifiées, sur uniquement des calomnies partisanes, s’acharner sur son beau père, quelle honte, quel blasphème ! En tout cas cette attitude ne reflète pas le respect africain envers sa belle famille. Le fils du Chef de Canton qui est le délégué de la sécurité de la région, le Préfet du département, le délégué aux TP, qui sont tous du même groupe ethnique que le Chef de Canton, sont conduits purement et simplement au bagne de Korotoro, par les seules décisions et volonté de Deby comme d’ailleurs le cas de tous les locataires de ce bagne. Selon nos infos, au retour à N’djaména, il aurait ordonné à tous les responsables administratifs des régions de renvoyer les représentants du Chef de Canton suspendu. Selon son entourage, il aurait dit qu’il n’y aura plus de Chef de Canton Annakaza et que, et que, etc. .

Cette attitude de Deby est d’autant plus étrange qu’il s’acharne contre ce groupe ethnique au moment où le vieux Gal Nouri semble s’essouffler et une partie importante de ses troupes regagne le bercail. Règlement des comptes sur fond des vieilles rancunes non soldées ? A suivre.

Beremadji Félix
N’djaména


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