L’obsession sultanale chez les Deby

Idriss Deby s’est fait nommé Sultan en destituant son frère Timan Deby qu’il l’a supporté contre vents et marées depuis plus de 20 ans. Contre le bon sens, contre la volonté unanime des populations locales, Timan fut nommé et supporté par Deby. D’abord chef de canton, premier titre tant convoité dans la famille et puis l’appétit venant en mangeant, intronisé « sultan », titre étranger localement.

Les Deby ont une obsession pour les titres traditionnels. Déjà, le vieux Deby s’embrouilla avec tout le monde à la quête de ce titre, situation qui le força à s’exiler au Soudan vers les années 50, où l’administration soudanaise le gratifia d’un titre locale (les services soudanais se font un grand d’exhiber occasionnellement ce document !) Il s’y installa définitivement et même scolarisera ses enfants, entre autres un certain Idriss Deby et Daoussa Deby.

Après l’indépendance du Tchad, le vieux regagna le Tchad et continua son combat pour le titre visiblement sans succès jusqu’à l’arrivée de la première armée dans la région, le vieux y adhéra et devient collaborateur important du frolinat 1ère armée, avec un titre local. Pendant la guerre de 9 mois le vieux se déplaça à Ndjamena, rejoignit les FAN et contre une promesse d’être nommé Chef de canton, il mit tout son poids pour faire adhérer ses fils aux FAN, particulièrement Ibrahim Mahamat Itno et Hussein Mahamat Itno (marabout) qui étaient très retissants vis-à-vis des FAN. Le vieux décéda pendant que les FAN étaient encore en rébellion.

Les beris avaient majoritairement rejoint les FAN et la région était sous occupation GUNT/Libye, ce qui faisait que beaucoup des parents n’ont pas pu assister aux funérailles du vieux Deby. Le petit monde présent, avec certainement l’accord tacite de Habré décida d’attaché « le fil rouge » au poignet de Timan Deby, seul fils du vieux disponible pour ces genres des vieilleries. A la victoire des FAN, Habré connaissant parfaitement les contradictions internes des bilia et surtout le sentiment des locaux vis-à-vis de Timan Deby et consorts, refusa catégoriquement de valider le titre de Timan par un texte et ce malgré les pressions actives et continues de la famille, pourtant très bien placée dans le système FAN.

A la victoire du MPS, la communauté bilia demanda unanimement à Deby de nommer un Chef de canton consensuel et surtout pas Timan. D’abord Deby promis de nommer un nouveau chef de Canton, puis informa la communauté que le problème n’est pas prioritaire et par la même occasion demanda au Ministre de l’intérieur de sortir un texte nommant Timan Deby chef de canton Bilia « en remplacement de son père.» deux mensonges en une seule phrase : le vieux Deby n’a jamais été Chef de canton de Bilia et dans le pays bilia il n’y a pas d’héritage d’office. C’était la consternation générale localement. Malgré toutes les pressions des notables de la région Deby a tenu mordicus allant jusqu’à déclarer publiquement que « vaut mieux de lui demander de quitter le poste du Président de la République.» En réalité la nomination de Timan et le soutien indéfectible de Deby ont été l’élément majeur dans la détérioration continue des relations entre les Deby et le reste de la population locale. Deby a fait fi de manière arrogante et dédaigneuse les revendications des locaux, il a nommé et soutenu Timan comme un défi personnel familial, une revenge en quelque sorte. Conséquence, la population locale a boudé et boycotté Timan, Deby et leurs pouvoirs respectifs. Les événements du 16 mai 2004 sentent l’odeur de cette situation. (A suivre)

Beremadji Félix
N’djaména


Commentaires sur facebook