Accord à Tripoli entre le gouvernement tchadien et les rebelles – Afp

Le gouvernement tchadien et les quatre principaux groupes rebelles de l’est du Tchad ont paraphé mercredi un accord de paix à Tripoli, a-t-on appris de sources gouvernementale et rebelle.

Ce document a été paraphé par le ministre d’Etat tchadien chargé des Infrastructures Adoum Younousmi et par les chefs rebelles de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, de l’UFDD-Fondamentale (UFDD-F), du Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timane Erdimi et de la Concorde nationale tchadienne (CNT) d’Hassan Saleh al-Djinédi.

« Un accord a été paraphé aujourd’hui (mercredi) par le gouvernement tchadien et les quatre groupes rebelles« , a déclaré à l’AFP un chef de l’UFDD-F, Acheikh Ibn Oumar, joint au téléphone en Europe.

« Cet accord sera signé devant les chefs d’Etat au cours d’une cérémonie officielle à Tripoli dans les tous prochains jours« , a affirmé pour sa part à l’AFP un haut responsable de la délégation gouvernementale qui a requis l’anonymat.

Ces groupes armés hostiles au président Idriss Deby Itno avaient entamé le 23 juin à Tripoli, sous l’égide du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, des pourparlers avec le gouvernement de N’Djamena.

Les discussions avaient dû être ajournées à plusieurs reprises, les délégations ne parvenant pas à trouver un accord.

Selon le responsable gouvernemental, joint au téléphone à Tripoli, le texte de mercredi est « un accord classique, qui prévoit une participation (des ex-rebelles) à la gestion des affaires du pays et une amnistie générale sauf pour les délits de droit commun« .

« Il prévoit des choses assez classiques, dont une participation au gouvernement« , a confirmé Acheikh Ibn Oumar.

Les deux hommes ont également évoqué l’intégration des combattants rebelles au sein de l’Armée nationale tchadienne (ANT), mais les modalités d’application de cette mesure demeuraient floues mercredi.

« L’accord prévoit aussi le cantonnement et le désarmement des troupes rebelles au Soudan avant leur réintégration au sein de l’armée tchadienne« , a expliqué le responsable de la délégation gouvernementale.

« Le noeud qui bloquait la conclusion d’un accord était le désarmement, que le gouvernement voulait mais dont nous ne voulions pas, et le gouvernement a fait marche arrière. Le désarmement n’est pas retenu dans le texte« , a nuancé le chef rebelle, qui n’a pas non plus confirmé l’hypothèse d’un cantonnement au Soudan.

« Une commission réunissant les médiateurs soudanais et libyens, le gouvernement et l’opposition armée va définir les modalités de l’intégration de nos hommes dans l’armée« , a-t-il assuré.

Il a par ailleurs ajouté que N’Djamena avait notamment proposé aux rebelles un poste de vice-Premier ministre, un portefeuille de ministre d’Etat et quatre ministères.

Les responsables des autres groupes rebelles n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

L’est du Tchad, où doit se déployer dans les prochaines semaines une force de l’ONU et de l’Union européenne (UE) chargée de protéger les personnes déplacées par le conflit au Darfour, dans l’ouest du Soudan voisin, pullule de groupes rebelles plus ou moins actifs.

Depuis fin 2005, ils ont lancé plusieurs offensives contre l’armée tchadienne, mais aucune opération d’envergure n’a été signalée ces derniers mois.


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