Les Brèves de N’djaména: Dictateurs de tous les pays, fuyez !

Il faut être un pharaon aux pieds nickelés, un Président d’une république bananière, un cupide et cynique dictateur pour refuser d’accepter la voix du peuple, les revendications, les « y en a marre » du peuple, les peines de celui-ci. Les cas de la Tunisie et de l’Egypte sont les exemples les plus frappants de la vraie nature de nos dictateurs : des individus sans cœur ni foi, vivant et jouissant sur le dos du peuple mais sans ce dernier, complètement ignorant de la vie quotidienne de leurs populations, vivant et écoutant qu’avec les bouffons et leurs bouffonneries. Ces despotes sont très loin du peuple et de ses besoins.

La population sort dans la rue pour exprimer le raz de bol, demander le départ du despote, mais ce dernier n’en a cure. Pendant un moi, le pays est en ébullition, les écoles sont fermées, les hôpitaux clos, les marchés aussi, les transports bloqués, les forces de répression tuent, blessent, l’opinion internationale condamnent la répression, demande des changements et quelque fois carrément le départ du dictateur. Mais les dictateurs s’en fichent, insensibles, sourds muets à tout cela, seul le fauteuil, le confort personnel, la caisse commune où ils bouffent allègrement avec leur famille, leur importe. Insensibles aux malheurs et à la détresse du peuple duquel ils avouent tirer leur légitimité. Il est inconcevable et même incompréhensible qu’un président qui se dit élu par le peuple et représentant ce dernier, puisse être insensible aux revendications de deux millions de personnes sorties le même jour. Sans aucune honte ni pudeur, on continue à se revendiquer de ce peuple, à dire que sans moi ce sera le chaos, que je suis élu par le peuple, etc., alors que ce même peuple demande son départ. Aucun responsable européen ou américain ne résistera à un tel appel, à une telle pression ; en démocratie, l’opinion compte, c’est chez nos dictateurs africains ou moyen-orientaux que l’opinion n’a aucune valeur, on la piétine. Et in fine, ils partiront car rien ne résiste à la volonté d’un peuple uni et décidé et dans son bon droit.

Ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte est désormais un cas d’école. Quand l’action des dictatures sur le peuple devient insupportable, ce sera la réaction des peuples qui s’en suivra. La Tunisie et l’Egypte avaient les dictatures les plus féroces qui existent sur cette terre ; non seulement elles sont cruelles, mais elles ont aussi les moyens de leur action, le soutien indéfectible de l’occident, chantre de la démocratie et des libertés : en 2011, les moyens de communication en Tunisie sont strictement verrouillées ! Un million de prisonniers politiques croupit dans les geôles de Moubarak. Ben Ali et ses Trabelsi ont fui la Tunisie, Moubarak et son Djamal les ont suivis.

Depuis les événements de la Tunisie et de l’Egypte, des voix s’élèvent pour établir des parallèles entre ces événements et la situation socio-politique en Afrique sub-saharienne. Certains, optimistes, espèrent un effet de boule de neige et la fin de tous les dictateurs. D’autres, fatalistes, pensent que les dictateurs de l’Afrique noire ont encore des beaux jours devant eux car ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte, est très peut probable qu’il se reproduise en Afrique sub saharienne. L’histoire nous rappelle que les révoltes populaires sont d’abord parties de l’Afrique sub saharienne. Des régimes ont été emportées par la rue ou par le maquis, d’autres sauvés in extremis par l’allié occidental, souvent par la françafrique pour le cas de l’Afrique francophone. La révolte populaire n’est pas l’apanage de certains, elle est inhérente à tous ceux à qui les droits les plus élémentaires sont déniés. Les dictateurs ? Mais ils vont tous finir par partir !

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


Commentaires sur facebook