Les Brèves de N’djaména : Pétrole, entre arnaque et braderie (suite)

Lors de sa courte visite médicale à Paris, Deby a choisi prudemment d’élire domicile à l’Ambassade du Tchad. Pourquoi là, alors que d’ordinaire il descendait chez lui, dans son hôtel privé du 16ème ? Deby a appris que des ONG, Sherpa, Survie et autres, sont derrière ses trousses. Ces ONG sont en train de faire un inventaire exhaustif des biens financiers et immobiliers de Deby, sa famille et toute la nomenclature qui l’entoure à travers le monde. Un rapport suivit d’une plainte à l’instar de celle des autres kleptocrates africains, est attendue incessamment.

Les premières surprises passées, Deby demanda à ses hommes de paille sur place, comment stopper la démarche des ONG. Ce n’est pas possible, il faut tout simplement se préparer à y faire face. Une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, Deby qui n’a jamais cru aux histoires d’un mouvement séparatiste du Sud du Tchad, le Mouvement pour l’Emancipation du Sud du Tchad (MEST), animé par ses actuels et ex plus proches collaborateurs, il vient donc d’apprendre que des envoyés de ce mouvement ont séjourné à Oslo (Norvège) pour prendre contact avec les ONG qui ont soutenu et accompagné le Sud Soudan dans sa quête vers l’indépendance. Ces séparatistes ou indépendantiste mettent en avant l’accaparation totale et sans partage des revenus pétroliers par Deby seul et surtout le manque total des investissements de développement dans tout le Tchad à part quelques bricoles mal élaborées et mal exécutées à N’djaména, et plus particulièrement au Sud du Tchad.

Avant de quitter Paris, Deby a promis à ses bouffons qu’il va réellement s’occuper de ce problème, une fois à Ndjamena. De quelle façon, on verra bien !!

Deby, parrain d’une rébellion ? Deby ne peut pas dormir tranquille tant qu’il ne gère pas une rébellion: contre lui ou pilotée par lui. Depuis qu’il a nettoyé au karcher la racaille rebelle de l’Est, Deby est désœuvré et il s’ennuie énormément. Il ne trouve pas le sommeil, il faut quelque part des cliquetis des armes pour que le Monsieur puisse ronfler à fond ! Aussi a-t-il essayé de trouver le sommeil de plusieurs façons.

Il a d’abord reçu tous les ralliés de tous les temps, habillés en boubous blancs, les genoux à terre en signe de soumission absolue. Après la réception il les a tous radiés de l’armée. Toujours pas de sommeil. Au retour de Moussoro, il a appris qu’une des mères de ses enfants l’aurait contrarié pour un problème de foyer, il débarque avec deux Toyota remplis des militaires, fait fouetter la pauvre au grand étonnement des passants, la chasse de son domicile et la jette dans la rue. La maison cadenansée. Le petit de la victime informée rentre en catastrophe et trouve sa mère dans un état piteux, la ramasse et le conduit chez lui et puis va voir son père et le menace de lui loger une balle dans la tête. Deby paniqué s’enferme pendant 24h. (Petit, vas y, il faut laver l’honneur de ta maman ; tu auras résolu beaucoup des problèmes : la maman est vengée, les tchadiens te seront reconnaissants, tu rentreras dans la postérité et tu auras une chance de prendre la place de ton père.) Toujours pas de sommeil chez Deby. Il débarque son frère et se fait intronisé Sultan ; y a rien ; renvoie tous les militaires ayant réellement combattu la rébellion, de leurs postes et les remplace par les membres de la famille. Rien. Alors Deby se tourne vers les soudanais et leur demande s’ils n’ont pas quelque chose pour lui permettre de trouver du sommeil.

A sa grande joie, les soudanais l’informent qu’ils ont en train de mettre sur pied une rébellion contre le nouvel Etat du Sud Soudan, laquelle rébellion est dirigée par le Gal Georgia Althor, un des ex chef de guerre de SPLA. Comme tous les pats frontaliers du nouvel Etat sont farouchement contre toute rébellion, le Soudan demande à Deby s’il peut laisser le mouvement rebelle installer sa base arrière au Tchad. La réponse enthousiasme de Deby tombe : « le Tchad n’a pas de frontière avec le Sud Soudan par contre je peux demander aux autorités de la région autonome de la Centrafrique d’accueillir ce nouvel allié. » Aussitôt dit aussitôt fait. Deby instruit Bozizé de prendre toutes les dispositions pour que la rébellion anti sud soudanaise s’installe à Birao. Et Deby a enfin pu fermer l’œil, mais toujours pas le bon sommeil. (A suivre)

Mahamat Ahmat
N’djaména


Commentaires sur facebook