Les Brèves de N’djaména : La culture de la mendicité

Malgré toutes les injures et insultes de basse classe adressée à l’encontre du président Al Béchir (shamorokha, doukou, louty, etc.) alors qu’on sait que les soudanais n’ont jamais proféré aucune injure à l’endroit de Deby durant toute la crise entre les deux pays ; Deby ose sans vergogne envoyer Mahamat Ali Abdallah pour demander une aide financière et matérielle pour ses élections.

Les soudanais qui connaissent très bien la mentalité de Deby dont la mémoire oublie tout devant l’argent, ont remis une grande enveloppe pour ne pas dire une grande malle et 50 véhicules pick-up double cabine Toyota dernier modèle. Ces aides concernent les élections tchadiennes au soudan et au Tchad. Donc le chef de mission doit faire le partage entre la commission électorale du Soudan et celle du Tchad. Informé, Deby demande à Mahamat Ali Abdallah de rentrer immédiatement avec le butin intact. Très mal à l’aise, celui-ci laisse quand même un véhicules à la cellule MPS de Khartoum mais rien d’autre. Une semaine avant les débuts des élections, la CENI envoie une délégation à Khartoum avec à sa tête un autre bouffon à la personne de Abdelkader Yassine en lui disant que les Soudanais vont mettre à sa disposition tout ce qu’il voudra. Toujours à l’affût des gains faciles et sans prendre aucune précaution, le Monsieur débarque à Khartoum où on lui fait savoir que tout a été remis à Mahamat Ali Abdallah. C’est la catastrophe! Au Soudan on ne se réveille plus à 3h du matin pour Deby, et l’étoile des zaghawa est largement ternie par ces temps-ci. On n’est plus en 1996! Finalement l’envoyé de la CENI a fait tellement pitié que les soudanais ont fini par faire quand même un geste qui n’est pas allé trop loin. Décidément il y a des gens qui sont nés après la honte !

Au jour du vote, les bureaux sont désespérément restés absolument vides, boycott total et sur toute la ligne. Quelques citoyens venus par hasard (ils ne savaient pas qu’il y a des élections) pour régulariser les papiers, ont été interpelés pour aller voter sinon il n’y aura plus de régularisation. Quand ces pauvres citoyens ont dit qu’ils n’ont pas des cartes d’électeurs, les zélés du MPS leur ont répondu tout simplement que les cartes d’électeur c’est pour N’djaména, ici on vote avec le passeport, carte d’identité ou carte consulaire. On est loin des temps où le régime soudanais mobilisait son armée pour recueillir 500.000 en faveur de Deby.

Beremadji Félix
N’djaména


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