Tchad: accord entre gouvernement et rebelles, qui divergent sur sa portée – Afp

Le gouvernement tchadien et les quatre principaux groupes rebelles de l’est du Tchad ont paraphé mercredi un accord à Tripoli, mais plusieurs points sensibles restent en suspens et une partie des négociateurs a d’emblée minimisé la portée de ce texte.

Un haut responsable de la délégation gouvernementale tchadienne dans la capitale libyenne a annoncé à l’AFP qu’un « accord » avait été « paraphé » et serait « signé devant les chefs d’Etat au cours d’une cérémonie officielle à Tripoli dans les tous prochains jours« .

Ce document a été conclu par le ministre d’Etat tchadien Adoum Younousmi et les rebelles de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, de l’UFDD-Fondamentale (UFDD-F), du Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timane Erdimi et de la Concorde nationale tchadienne (CNT) d’Hassan Saleh al-Djinédi.

Un des chefs de l’UFDD-F, Acheikh Ibn Oumar, a confirmé cette information.

Mais le général Nouri l’a immédiatement nuancée. « Il n’y a pas d’accord. Les négociations sont encore en cours et il y a des divergences sur certains points« , a déclaré le chef de l’UFDD à l’AFP à Tripoli.

« Nous avons signé une déclaration de principe pour montrer que nous étions pour la paix« , a-t-il ajouté.

« C’est une déclaration d’intention. Nous allons revenir dans trois semaines pour poursuivre les négociations« , a précisé de son côté le secrétaire général de l’UFDD Abakar Tollimi.

A N’Djamena, un responsable de la présidence a également estimé que ce texte n’était « pas nécessairement un document définitif« . « Beaucoup de points restent à préciser« , a-t-il expliqué sous couvert de l’anonymat.

Ces quatre groupes armés hostiles au président Idriss Deby Itno avaient entamé le 23 juin à Tripoli, sous l’égide du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, des pourparlers avec le gouvernement de N’Djamena.

L’est du Tchad, où doit se déployer dans les prochaines semaines une force de l’ONU et de l’Union européenne (UE) chargée de protéger les personnes déplacées par le conflit au Darfour, dans l’ouest du Soudan voisin, pullule de groupes rebelles plus ou moins actifs.

Depuis fin 2005, ils ont lancé plusieurs offensives contre l’armée tchadienne, mais aucune opération d’envergure n’a été signalée ces derniers mois.

Un accord de paix a déjà été conclu en décembre 2006 à Tripoli entre le pouvoir tchadien et Mahamat Nour, l’auteur de l’attaque rebelle la plus spectaculaire, qui avait été repoussée en avril de la même année aux portes de N’Djamena. Mahamat Nour a depuis été promu ministre de la Défense.

Selon le haut responsable de la délégation tchadienne et Acheikh Ibn Oumar, le texte de mercredi est un accord « classique » qui prévoit la « participation » des ex-rebelles au gouvernement ainsi que l’intégration des combattants des quatre mouvements au sein de l’Armée nationale tchadienne (ANT).

Mais, preuve que les principaux points d’achoppement rencontrés par les négociateurs n’ont pas été surmontés, les deux hommes divergent sur les modalités d’application de cette dernière mesure.

Le responsable de la délégation gouvernementale, qui a requis l’anonymat, a parlé du « cantonnement » et du « désarmement des troupes rebelles au Soudan avant leur réintégration au sein de l’armée tchadienne« .

« Le noeud qui bloquait la conclusion d’un accord était le désarmement, que le gouvernement voulait mais dont nous ne voulions pas, et le gouvernement a fait marche arrière. Le désarmement n’est pas retenu dans le texte« , a nuancé le chef rebelle, qui n’a pas non plus confirmé l’hypothèse d’un cantonnement au Soudan.

« Une commission réunissant les médiateurs soudanais et libyens, le gouvernement et l’opposition armée va définir les modalités de l’intégration de nos hommes dans l’armée« , a-t-il assuré.


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