Les Brèves de N’djaména: Après le front Est, le front Nord?

Un mouvement général des troupes de Deby est en train de s’effectuer en ce moment. En effet, Deby est en voie de redéployer son armée : ainsi le régiment basé à Boureck est redéployé à Ounianga, celui de Tiné à Our et enfin celui d’Amdjeress dans le Tibesti. Que cache ce redéploiement ?

A N’djaména, dans le milieu du clan, les langues se délient et on avance plusieurs hypothèses. Pour les uns, la rébellion effritée de l’Est est entrain de se reconstituer au Nord et avancent comme « preuves », des incessants va-et-vient des responsables de l’UFR entre Benghazi et le Soudan ou la présence massive des armes et des véhicules dans les grottes du Tibesti et aussi des va-et-vient le Tibesti et Benghazi. Le redéploiement actuel est une mesure préventive destinée à contenir cette rébellion. Pour d’autres, c’est une initiative désespérée de Daoussa Deby, le frère d’Idriss, Ambassadeur du Tchad à Tripoli et cité par les chancelleries occidentales comme le plus jusqu’au boutiste supporteur de Kadhafi. Il serait question de sauver Kadhafi ou au besoin l’exfiltrer vers le Tchad.

Pourtant on a cru comprendre que Deby, convaincu de l’inéluctabilité de la chute de son mentor, essayait de sauver les meubles. Après de très laborieux efforts et une diplomatie tout azimut au service de Kadhafi, Deby tente, certes sans succès, de se rapprocher du CNT libyen et même selon plusieurs sources, il y a eu un retrait des troupes tchadiennes. Alors, Deby a-t-il été sensibles aux incessants appels de Kadhafi ? Selon plusieurs sources concordantes, le Guide harcèle Deby par des appels téléphoniques de manières discontinue si bien que tout dernièrement, Deby agacé, aurait débranché tous ses téléphones et a quitté N’djaména pour des soi-disant campagnes agricoles à l’intérieur du pays. Retour à N’djamena, le Guide lui aurait demandé d’aller à New York plaider sa cause auprès de l’Assemblée Générale de l’ONU. A suivre.

Le Chef du MJE échappe à une tentative d’ assassinat – Deby et El Béchir avaient décidé non seulement d’exclure le MJE des négociations de Doha sur le Darfour, mais surtout éliminer physiquement le Chef du MJE, Dr Khalil Ibrahim, ce qui équivaudrait selon leur plan à la disparition pure et simple du MJE. Au grand soulagement des militants et des sympathisants du MJE, le coup a raté. Le suspect numéro un, un certain Izzedine Youssouf, cousin maternel direct du Dr Khalil, appartenant au premier cercle des confidents, a avoué être mandaté par un certain Mohammed Becher Ahmed Firty, qui à son tour, aurait pointé un doigt accusateur vers Daoussa Deby.

Pour ceux qui connaissent les pratiques du clan Deby, l’implication présumée de Daoussa Deby dans la tentative du Chef du MJE ne surprend personne. En effet ce personnage d’une sinistre renommée est impliqué dans tous les coups tordus d’assassinat des opposants politiques : il a été le cerveau de l’opération « caravane de la mort », au cours de laquelle des opposants tchadiens furent kidnappés et conduits à N’djaména dont la plupart fut assassinée, idem pour l’assassinat de Bichara Digui, de l’homme d’affaire soudanais Sheikh Ibni Oumar dont l’assassinat a servi d’alibi à Deby de se débarrasser d’un témoin gênant, Adouma Ali et d’assassiner froidement 10 autres tchadiens innocents, etc. Les victimes du régime de Deby, dont le bras armé est Daoussa, sont très nombreuses. Pour le moment le Dr Khalil a échappé à la liste, mais pour combien de temps ?

Beremadji Félix
N’djaména


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