Les Brèves de N’djaména : Maitre Albert Padaré, vous êtes né avant ou après la honte ?

Quelle ne fut pas la surprise des uns et des autres quand on a entendu tonner sur les ondes de RFI l’avocat de la famille de Deby en la personne du Maitre Albert Padaré du barreau de N’djaména, suite au procès sur l’assassinat du fils de Deby.

Qu’y a-t-il de surprenant qu’un avocat tchadien défende la famille du Président tchadien dans un procès de meurtre ? Apparemment non, mais le hic est que ce même avocat est l’avocat du Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh assassiné par ce même Deby! En effet, de son vivant le Pr Ibni avait choisi Maitre Padaré comme son avocat personnel. Il appelait le Pr. Ibni, son «tonton», car ce dernier était un ami de sa famille, pendant qu’ils vivaient tous à Orléans, en France.

La famille biologique du Pr Ibni et ses camarades du PLD ont décidé tout naturellement de confier le dossier de la disparition forcée du leader de la Coordination des Partis pour la Défense de la Constitution (CPDC), principale regroupement des partis de l’opposition civile, à celui qui se considérait comme le «fiston» du disparu.

C’est donc à la surprise générale qu’on apprend que Maitre Padaré est aussi l’avocat du bourreau du Pr. Ibni Oumar. Peut-on être à la fois l’avocat de la victime et du bourreau ? L’éthique et la déontologie du métier d’avocat permet-il une telle confusion de genre ? Maitre Bernard PADARE, pourriez-vous expliquer un peu aux tchadiens comment est-ce que vous pouvez défendre et conseiller à la fois le bourreau et sa victime ? Surtout que quand le Bourreau s’appelle Idriss Deby, Président de la République du Tchad !

Décidément, il n’y a qu’au Tchad que la perversion peut atteindre le summum de l’inimaginable !!

Maitre Padaré, vous avez cessé d’être un conseiller pour devenir un chasseur de fortunes qui roule dans des rutilantes grosses cylindrées et qui marchande les dossiers des parties. Sous d’autres cieux ces genres d’avocats sont appelés des «ripoux».

Et les ripoux, dans, les pays normaux où la justice aurait encore un sens, n’auraient pas leur place au Barreau mais plutôt à la barre devant un juge d’instruction.

Beremadji Félix
N’djaména


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