Les Brèves de N’djaména : Mercenariat, combien des tchadiens en sont morts ?

En Afrique, Il y a des pays qui excellent dans le maintien de la paix à travers le monde dans le cadre des opérations militaires des Nation Unies. Leurs militaires arborent fièrement l’insigne de l’ONU et risquent leurs vies pour la défense de celles des humains en danger. Ces militaires font la fierté de leurs pays respectifs et de manière générale de l’Afrique. Malheureusement, le Tchad n’en fait pas partie. Sous Idris Deby, le Tchad est devenu le premier réservoir africain des mercenaires ; en effet il est probablement le seul Chef d’Etat à mettre l’armée nationale à la disposition des tiers en échange de l’argent.

Idris Deby dispose de l’armée nationale comme sa propriété privée, il l’envoie où il veut quand il veut sans que ni le Gouvernement, moins encore l’Assemblée nationale n’en soient consultés ou informés. L’Armée est envoyée à la demande directe d’un tiers ou comble de honte, carrément sous traitée. Le premier pays à avoir bénéficié de l’aide de l’armée tchadienne « mercenarisée » fut le Togo des Eyadema, en proie à une révolte populaire. Les togolais se rappelleront pour longtemps du passage de ces tchadiens qui ont sauvé in extremis le régime chancelant des Eyadema qui survit, Grace à Deby, jusqu’ aujourd’hui! Quel a été le coup de l’opération ? Seul Deby et uniquement lui peut répondre à cette question et personne d’autre. Combien des tchadiens y ont laissé leur vie ? Encore, seul Deby est en mesure de donner une réponse. L’opération a semblé tellement lucrative que Deby a pris désormais goût. Ce fut alors l’opération « RDC », commandité et financé par Kadhafi, à la seule initiative de Deby. Combien d’argent a-t-il reçu? Personne ne saura le dire. Combien des tchadiens ont laissé leur vie dans la jungle marécageuse du Congo démocratique ? Selon certains survivants entre 350 à 400 tchadiens seraient morts ou portés disparus. S’en est suivi ensuite l’opération qui a renversé le Président très démocratiquement élu de la Centrafrique, opération commanditée par la Françafrique. On rappelle que jusqu’à ce jour, les éléments de la garde rapprochée du Président centrafricain sont les éléments tchadiens de la GR, un autre contingent tchadien appuie depuis plus de 10 ans l’armée centrafricain dans son combat contre les différents groupes rebelles centrafricains. Aux premières heures de la rébellion du Darfour, à la demande du régime d’El-Béchir, l’armée tchadienne a séjourné dans le Darfour plus de 4 mois, en train de combattre les rebelles du Darfour, en échanges des espèces sonnantes et trébuchantes. L’opération dont l’histoire en parlera pour longtemps serait celle qui passe actuellement en Libye.

Dès le début de l’insurrection, Deby a mobilisé la Garde Républicaine (GR), les éléments des Régions Militaires, les réfugiés tchadiens vivant en Libye. Tout un monde qui est jusqu’aujourd’hui à la disposition du Guide. Au mois de juillet, une colonne de 180 véhicules a tenté de franchir la frontière Tchad Libye. Interceptée par l’escadrille française, elle aurait été mise en morceaux. Du coté tchadien c’est le silence radio. Au début, le régime de N’djaména a voulu faire passer la colonne comme celle du MJE, mais la pilule est assez grosse pour être avalée, alors on se tait. Des morts, des blessés, des disparus ? Rien de tout cela, et personne ne saura probablement rien. Tant qu’un Chef zaghawa n’est pas blessé ou mort, aucune nouvelle des autres tchadiens n’infiltrera.

Jusqu’à quand Deby va continuer à user les tchadiens sur l’autel de ses appétits financiers ? Jusqu’à quand les parents seront tenus ignorants de ce qui est arrivé à leurs enfants ? A la date d’aujourd’hui, quel est le sinistre bilan de ces différentes randonnées de l’armée tchadienne. A quand la réaction de l’Assemblée nationale et les ONG des droits de l’Homme ? Qui arrêtera Deby dans sa fuite en avant pour la vente de la chair humaine tchadienne, faisant fi de la vie humaine et de la peine des parents ?

Beremadji Félix
N’djaména


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