Les agresseurs de Brahim Déby visibles sur une vidéo – Reuters

Les agresseurs de Brahim Déby, fils du président du Tchad, Idriss Déby, retrouvé mort lundi dans le parking souterrain de sa résidence de Courbevoie, sont visibles sur un enregistrement de vidéosurveillance, apprend-on de source judiciaire.

Le parquet de Nanterre n’a pas souhaité faire de commentaire « afin de protéger les investigations » et dit que l’analyse de cet enregistrement était en cours à la brigade criminelle.

Selon le journal Le Monde, les images montrent plusieurs hommes cagoulés s’en prendre à Brahim Déby et à une femme qui l’accompagnait. Cette dernière n’était plus présente sur les lieux lorsque le corps de la victime a été découvert par le gardien de l’immeuble, vers 07h00 du matin.

L’autopsie a montré que Brahim Déby était mort asphyxié, vraisemblablement par la poudre blanche dont il a été aspergé et qui provenait d’un extincteur. La plaie à la tête relevée par les médecins légistes n’a pas provoqué la mort.

Ce mode opératoire, qui semble écarter la thèse d’une préméditation, intrigue les enquêteurs de la brigade criminelle, qui officiellement n’ont pas choisi entre la piste d’un crime politique et celle d’un règlement de comptes lié aux antécédents judiciaires de Brahim Déby. « Nous sommes dans l’expectative, à la recherche d’un mobile« , a dit la porte-parole du parquet.

EN RUPTURE AVEC SON PÈRE

Brahim Déby, 27 ans, était connu de la justice pour une condamnation en juin 2006 à Paris à six mois de prison avec sursis pour port d’arme prohibé et détention de stupéfiants.

Il était en rupture avec son père, arrivé au pouvoir en 1990 après un soulèvement et réélu pour un troisième mandat en 2006 à la faveur d’un scrutin boycotté par l’opposition. Avant ses démêlés judiciaires, Brahim Déby avait un temps été présenté comme un successeur possible de son père.

Après sa condamnation l’année dernière, ce dernier l’avait relevé de son titre officiel de « conseiller technique à l’aménagement du territoire, à l’urbanisme et à l’habitat » à la présidence tchadienne.

Un responsable de la présidence tchadienne a démenti mardi les affirmations la veille à Dakar d’un porte-parole de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), force armée opposée au pouvoir tchadien.

Makaila Nguebly avait déclaré que le comportement parfois brutal de Brahim Déby était à l’origine du ressentiment et de la révolte contre le pouvoir de son père.

« Ces déclarations sont mensongères et diffamatoires. Il n’a jamais tapé sur un ministre ni sur une personnalité quelconque« , a déclaré Dieudonné Djonabaye. « (Nguebla) est un menteur. »


Commentaires sur facebook