Tchad: dissensions internes au sein de la rébellion – Afp

Des dissensions internes sont apparues au sein de la rébellion tchadienne ces derniers temps, a appris vendredi l’AFP de sources concordantes.

Les différents mouvements, joints par l’AFP par téléphone satellitaire, ont fait part de problèmes au sein de « la résistance » qui n’a pas réussi à présenter un front uni depuis l’échec de leur attaque en février contre N’Djamena.

Djede Koultou Gamar, porte-parole de l’Union des Forces pour le Changement et la Démocratie (UFCD) a ainsi assuré à l’AFP qu’il y avait désormais « un pacte » pour liquider son mouvement et celui de l’Union des Forces pour la démocratie et le développement-Fondamentale (UFDD-F), issue d’une scission avec l’Union des Forces pour la démocratie et le développement (UFDD).

« Il y a un pacte quadripartite entre (le président tchadien) Idriss Deby, (le général) Mahamat Nouri, Timan Erdimi (leader rebelle du RFC) et les JEM (Mouvement pour la Justice et l’Egalité, rébellion au Darfour) », a-t-il affirmé.

M. Nouri, qui est membre lui de l’UFDD, avait justement conduit l’Alliance nationale lors de l’attaque rebelle qui avait été à deux doigts de renverser le président Deby les 2 et 3 février.

Timan Erdimi, leader du Rassemblement des Forces pour le changement (RFC), avait lui quitté l’Alliance nationale au lendemain de l’attaque.

Ces différentes factions rebelles négociaient depuis le mois d’avril pour tenter de trouver un terrain d’entente et repartir à l’assaut de N’Djamena.

M. Erdimi a qualifié les propos de M. Koultou de « balivernes » estimant que « ça ne tenait pas debout ». Le leader rebelle a admis l’existence de « difficultés », mais assuré qu’une « attaque de la rébellion » sur N’Djamena était « toujours d’actualité ».

« Il se passe des choses au sein de la rébellion », a concédé un autre responsable de la rébellion qui a tenu à garder l’anonymat.

M. Koultou estime que l’UFCD et l’UFDD-F représentent « la plus grande partie de la résistance » alors que « Nouri et les autres ne cherchent qu’à maintenir une même famille au pouvoir ».

Il a toutefois estimé que ces dissensions n’empêcheraient pas les rebelles de lancer une nouvelle offensive « bien avant la fin de la saion des pluies » qui se termine en octobre.

Signe de ces tensions, le Dr Ley-Ngardigal Djimadoum, « coordinateur adjoint de la Cellule d’information et de Communication Europe de l’Alliance nationale (AN) » a affirmé vendredi dans un communiqué avoir reçu « des menaces de mort téléphoniques (en France) de Mohamed Kébir », représentant de l’UFCD en France. « L’enregistrement sera transmis à la police » française, a ajouté M. Djimadoum dans un communiqué.

Pour l’UFCD, M. Djimadoum travaille pour Mahamat Assileck Halata, ancien dirigeant de l’ex-mouvement rebelle Front uni pour le changement démocratique (Fuc), qui « cherche à nuire à la résistance dans son ensemble ».

Lors de l’attaque sur N’Djamena, les rebelles n’avaient pas réussi à prendre le palais présidentiel faute de munitions, mais aussi faute d’unité dans leurs rangs.

Des leaders de la rébellion avaient confié à l’AFP que des différends étaient apparus sur la désignation de celui qui devait être porté au pouvoir en cas de victoire au moment de porter l’assaut final.


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