Tchad/pétrole: Deby "détourne l’argent", "la population paie" – Afp

Mahamat Nouri, principal chef rebelle du Tchad, a affirmé mercredi que le président Idriss Deby « détourne l’argent du pétrole » tandis que « la population paie », réagissant à la décision de la Banque mondiale (BM) de supprimer son aide à l’infrastructure pétrolière tchadienne.

« Idriss Deby n’a respecté aucun engagement avec la Banque (mondiale). Détournement, pillage de l’argent du pétrole, utilisation à des fins militaires (…). Tout cela a contraint la Banque à se retirer », a déclaré à l’AFP le général Nouri, qui avait dirigé l’attaque rebelle sur N’Djamena en février, joint par téléphone satellitaire depuis Libreville.

« La population paie depuis longtemps les détournements du clan Deby et l’utilisation de l’argent à des fins militaires. Le clan a des comptes à l’étranger, ils ont acheté des villas en Afrique du Sud, en Europe », a ajouté le chef rebelle.

Mahamat Nouri estime par ailleurs que « la Banque mondiale a tenté de sauver son image ».

Interrogé sur une responsabilité de la rébellion et de ses fréquentes attaques dans la hausse des dépenses militaires de l’Etat tchadien, le général Nouri a répondu: « Il y a une rébellion parce qu’il y a une mauvais gouvernance, et la révolte des Tchadiens, c’est celle-là ».

De son côté, Abderraman Koulamallah, responsable rebelle de l’Union démocratique pour le changement (UDC), a affirmé: « Pour que cela (la guerre entre les rebelles et le gouvernement, ndlr) s’arrête, il suffit de mettre en route un bon processus de réconciliation. Nous y sommes prêts. L’Alliance nationale est toujours disposée à trouver un accord juste pour arrêter la guerre. C’est contraints et forcés que nous la faisons ».

Le rebelle, qui avait également participé à l’attaque de février, estime que « la Banque mondiale ne pouvait continuer à tolérer une gestion calamiteuse par N’Djamena des fonds pétroliers, principale richesse naturelle du pays, à des fins militaires ». « Ces fonds auraient dû être destinés à des opérations prioritaires comme la santé et l’éducation », rappelle-t-il.

La BM a mis fin mardi à son accord d’aide au développement des infrastructures pétrolières du Tchad, celui-ci ne respectant pas, selon, elle ses engagements en matière de réduction de la pauvreté.

Normalement, le Tchad, producteur depuis 2003 de pétrole qui lui a rapporté environ un milliard de dollars en 2007, devait consacrer 70% de ses revenus issus de l’or noir à des programmes de réduction de la pauvreté, à l’éducation et à la santé.


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