Tchad/pétrole: le retrait de la BM a été "consensuel" – Afp

Le ministre tchadien de l’Economie et du Plan Ousmane Matar Breme a affirmé mercredi que la décision de la Banque mondiale (BM) de supprimer son aide à l’infrastructure pétrolière tchadienne avait été prise « de manière consensuelle ».

« Nous ne sommes pas surpris par ce retrait. Ce retrait s’est fait de manière consensuelle », a déclaré à l’AFP le ministre, soulignant qu’il « ne met pas un terme à nos relations avec la Banque mondiale ».

« La coopération va reprendre sur des rails normaux, mais hors du projet du pétrole », a-t-il ajouté.

« Ce retrait n’est pas une apocalypse mais une redéfinition de notre coopération. Nous respectons la décision de notre partenaire et nous la remercions pour son implication dans ce projet qui a rapporté beaucoup au Tchad », souligne M. Matar Breme.

« Il y a une clôture du dossier pétrole, mais la Banque mondiale va continuer sa coopération et continuer à nous accompagner dans d’autres dossiers », estime-t-il.

« Comme on n’arrive pas à régler certaines incompréhensions, il vaut mieux arrêter le secteur pétrole pour mieux se consacrer sereinement au développement dans d’autres domaines. Il y a eu des hauts et des bas. Nous allons entamer une nouvelle lecture », a précisé le ministre.

M. Matar Breme justifie ainsi le fait que le Tchad n’a pas respecté certains engagements: « La loi de 2006 prévoyait que nous affections 70% des revenus aux secteurs prioritaires (réduction de la pauvreté), mais depuis 2006 nous avons vécu un contexte particulier qui a impacté sur le budget en général. On ne peut pas oublier ce contexte » de guerre civile et d’attaques de la rébellion (2006, 2008).

« Le gouvernement a pris les dispositions pour assurer les fonctions régaliennes: sécurité et souveraineté nationale », a-t-il ajouté, soulignant: « 60% des recettes de l’Etat toutes sources confondues ont été acheminées vers les secteurs prioritaires. Des niveaux (de dépenses) prioritaires de beaucoup de pays pétroliers et en paix ne sont pas à notre niveau ».

Sur un plan concret, le Tchad, qui produit aujourd’hui un peu plus 170.000 barils de pétrole jour, va « régler dans le calme les prêts qu’il avait auprès de la Banque mondiale. Nous avons effectué un remboursement de 31 milliards de F CFA (47 millions d’euros) et nous avons soldé tous les prêts avec la Banque mondiale sur le pétrole ».

Selon le ministre, le budget de l’Etat tchadien s’élève à 991 milliards de F CFA (1,5 milliard d’euros) dont 500 milliards (750 millions d’euros) environ de recettes proviennent du pétrole. Le PNB du pays est d’environ 1.865 milliards de F CFA (2,8 milliards d’euros).

La BM a mis fin mardi à son accord d’aide au développement des infrastructures pétrolières du Tchad, celui-ci ne respectant pas, selon, elle ses engagements en matière de réduction de la pauvreté.


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