Les avocats d’Habré dénoncent une "persécution judiciaire" – Afp

Les avocats de l’ancien président tchadien Hissène Habré ont dénoncé la « persécution judiciaire » dont ferait l’objet leur client après le dépôt à Dakar d’une nouvelle plainte de victimes concernant des exactions commises entre 1982 et 1990.

« La persécution judiciaire dont fait l’objet l’ancien président tchadien Hissène Habré continue avec une troisième plainte au Sénégal », indique Me François Serres, du barreau de Paris, et Me El Hadj Diouf, du barreau de Dakar, dans un communiqué publié mardi.

« Cette nouvelle plainte se distingue des autres dans la mesure où ses instigateurs ont pris soin de la rétrécir, de l’encadrer, avec comme souci principal la volonté d’empêcher la justice sénégalaise de convoquer les protagonistes libyens et tchadiens », selon le texte.

Ces derniers sont pourtant « impliqués dans les différentes guerres qui ont secoué le Tchad dont les présidents (Mouammar) Kadhafi et (Idriss) Deby », selon les avocats.

Le 16 septembre, quatorze Tchadiens et Sénégalais avaient déposé plainte à Dakar contre M. Habré, réfugié au Sénégal depuis 17 ans, pour « crimes contre l’humanité et tortures », en tant que victimes des « exactions commises sous son régime » de 1982 à 1990.

Cette plainte vise des faits de tortures exercées par la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS, police).

Reposant sur des faits très précis et limités dans le temps, elle permettrait de réduire la longueur de l’enquête, le nombre de témoins auditionnés et donc le coût de la procédure, en évitant ainsi un « procès-fleuve » très onéreux à financer par la communauté internationale.

Mais selon les avocats de M. Habré, « la plainte déposée récemment est aussi irrecevable et mal fondée que les précédentes, elle vise plus la DDS que le président Habré lui-même ».

Le Sénégal a été mandaté il y a deux ans par l’Union africaine (UA) pour juger Hissène Habré pour crimes contre l’Humanité, crimes de guerre et actes de torture.

Mais aucune information judiciaire n’a encore été ouverte à ce jour, Dakar estimant avoir besoin de 27 millions d’euros avant d’engager la procédure. Ce montant est jugé trop élevé par les bailleurs de fonds.


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